24/08/2005

24/08/05 - 18:58



Cher public,

Tellement de choses se sont passées depuis lundi... Par où commencer ? Ah oui, mon rendez-vous avec Benjamin, le jeune auteur-compositeur qui veut à tout prix m'écrire et produire mon nouvel album. Benjamin est un garçon charmant mais, comment dire, parfaitement incompréhensible. Il marmonne tout le temps, parle en même temps qu'il crache la fumée de ses cigarettes, se parle à lui-même sans jamais articuler. J'avais envie de piquer un somme. Il m'a fait écouter quelques chansons qu'il a enregistrées. Là, j'avais envie de rire ! C'est parfaitement sans queue ni tête. Il paraît qu'il est célèbre. Vraiment ? Il paraît même qu'il a fait un album pour l'autre folle, Juliette, et aussi pour ce vieux con d'Henri. Serait-il spécialisé dans les vieilles gloires ? Dans ce cas, je ne vois vraiment pas ce que j'ai à faire avec lui !

Je suis donc partie plus tôt que prévu. Quand je suis rentrée dans l'appartement, j'ai surpris une conversation agitée entre Charlène et Charly qui avait lieu sur la mezzanine. Je n'ai pas fait de bruit pour les épier. Ma très chère soeur s'adonnait à son sport préféré : faire du chantage. Elle voulait lui soutirer quelques billets "sinon je dis tout à Christine !". Là, j'ai fait mon entrée "Me dire quoi, petite soeur adorée ?". Charly était cadavérique et s'est enfui. Charlène avait son sourire des mauvais coups. Elle m'a expliqué que Charly n'avait pas un rond, que c'était un gigolo qui cherchait en moi le réconfort matériel, que je m'étais bien faite rouler. Je n'ai pas réagi, j'ai juste répondu "Charlène, tu prends ta valise en carton, tes vieux bas, ta boîte de préservatifs et tu quittes immédiatement cette maison !". Elle m'a menacée de tout dévoiler à la presse et m'a réclamée de l'argent pour son silence. Je lui ai donné un billet de 50 euros et une boîte de thon "Maintenant, tu dégages !".

A peine avait-elle claqué la porte que je me suis effondrée. Je savais que Charlène avait raison, elle a toujours reniflé l'argent et si elle me disait que Charly n'en avait pas, c'est qu'elle avait raison. J'ai pleuré en attendant le retour de Charly. Il est rentré tout penaud vers 23h. Il m'a tout expliqué : non, il n'est pas millionnaire, il est fauché comme les blés et doit jouer au gigolo, mais moi il m'aime vraiment... J'ai déjà entendu ce baratin. Nous avons passé la nuit à nous insulter, à faire l'amour, à pleurer, à nous envoyer des assiettes à la figure (enfin surtout moi), à manger, à faire l'amour...

Au petit matin, nous avons préféré nous séparer dignement. C'était une belle histoire qui s'est terminée, voilà tout, il faut savoir tourner la page. Charly est un chic type, il a beaucoup souffert dans sa vie, je comprends sa situation mais moi, je ne peux pas vivre dans le mensonge. Quand je perds confiance, c'est pour toujours. On a promis de rester en contact. Je pense qu'il y aura toujours une grande tendresse entre nous. J'ai quand même vérifié avant qu'il ne parte qu'il ne m'avait rien volé.

Je suis ensuite allée me coucher épuisée. Je me suis réveillée il y a une demi-heure, il y avait encore son odeur sur les coussins. Dans la salle de bains, j'ai retrouvé sa montre et j'ai eu envie de pleurer. Je sais, ça va passer, mais ce soir c'est très dur.

Il ne faut pas que je reste toute seule. Mais je n'ai pas la force de sortir de chez moi. Il faut que je parle à quelqu'un. Ah oui, je sais... Je vais aller la voir.

Christine Labelle

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L'immeuble haussmannien, situé au 12 rue Legendre , comporte cinq étages:
Au rez-de-chaussée A gauche, une boutique du nom de Curiosités, un bazar tenu par Madame Bernadette Morde, une femme très âgée.
A droite, la loge de la gardienne, Madame Poulain, en place depuis presque 30 ans.
Au 1er étage A gauche: l’appartement de Madame Morde
A droite: l’appartement de Monsieur Raphaël Majerot, 28 ans, employé dans une station service sur l’autoroute.
Au 2eme étage A gauche: un homme seul avec son fils de 11 ans, le petit Lucas. L’enfant semble plus motivé par l’expérience que son père.
A droite: Monsieur Simone Amouretti, 45 ans, divorcé, et ses deux enfants dont il a la garde une semaine sur deux.
Au 3eme étage A gauche: la famille Charlier en vacances tout l’été. C’est Amandine, 18 ans, leur fille aînée qui garde le chat et tiendra son blog.
A droite: une jeune femme de 22 ans, seule héritière d’une famille illustre dont l’empire est colossal.
Au 4eme étage A gauche: Monsieur Vincent Barber, que nous avons réussi à convaincre bien qu'il accueille chez lui un ami pendant la durée de l’expérience.
A droite: appartement vacant depuis plusieurs mois. Le propriétaire habite en Finlande et n’a pu être contacté, malgré les efforts du Syndic, le cabinet Atand.
Au 5ème étage: L’appartement de Mademoiselle Christine Labelle fait tout l’étage. Il s'agit d'une actrice-chanteuse célèbre notamment pour la série de films « Tendre Françoise » dans les années 60-70.
Les blogs de ces 9 voisins paraîtront pendant tout le mois dans La Dépêche, ainsi que sur le site www.gayattitude.com , dont nous remercions les deux webmasters, Matt et Garoo, pour leur accueil.