20/08/2005

20/08/05 - 15:31


Je me suis rendu à l'avance à mon rendez-vous à l'Oh Fada. Je souhaitais arriver plus tôt afin de pouvoir surprendre l'arrivée de mon correspondant secret. Sur place j'ai pris conscience que la missive ne contenait aucune indication quant à l'apparence de son auteur. Je doute que la photo figurant sur mon journal soit suffisamment explicite. L'anonyme devait donc me connaître ou bien m'observer depuis plusieurs jours. Vincent avait raison, le quartier a bien changé. L'ambiance y est plus triomphante, plus bourgeoise aussi. Le bar, plus petit que je l'imaginais, était constitué de deux salle distinctes organisées en « L ». La première salle où se trouvait le comptoir avait forme de couloir et était tapissée de dessins homo-érotiques. L'autre, plus sombre et plus intimiste se terminait par un carré de banquettes rouges en feutrine. Au milieu du bar trônait un babyfoot vintage.

De 18h30 à 19h00 j'ai observé les hommes qui entraient dans le bar sans détecter aucun visage connu. Rapidement, mon attention fut détournée par un petit groupe de personnes plus bruyant que la moyennes des pédés accoudés au bar. Le noyau du début, un nabot en t-shirt kaki deux tailles trop petites pour mettre en avant ses biceps et une grande perche hilare aux faux airs de Martin Landau s'est rapidement élargi pour se translater ensuite vers les coussins rouges du fond du bar. Trop éloigné pour entendre leur conversation, j'ai pourtant cru entendre à plusieurs reprises un prénom douloureusement familier. Discrètement je me suis rapproché pour me mêler à la bande.

Les regards glissaient sur moi sans qu'aucun visage ne trahisse le moindre signe de reconnaissance. Je n'avais pas rêvé. Le prénom que je croyais avoir perçu de loin était bien celui de Vincent. Mon Vincent? Un garçon à la posture raffinée et à l'apparence toute britannique (charmante petite cravate beige Agnes B.) a confirmé mes doutes. Sur son impulsion, l'attention du groupe s'est concentrée sur le journal des locataires du 12 rue Legendre. Un instant j'eus la tentation de les aborder. Mais je me ravisai, troublé. De moi il n'était nulle question. Tous semblaient certains de la venue imminente de Vincent. Je décidai donc d'attendre avec eux.

Vers 21h00 alors que la question de Vincent semblait avoir définitivement déserté les conversations et que tout espoir de rencontrer l'auteur de la lettre semblait vain, mes yeux croisèrent le regard perçant de l'un des membres.En se levant, ce dernier proposa à l'assemblée une nouvelle tournée de bières. D'un clin d'oeil il m'intima de le suivre.
Je m'exécutai en lui laissant quelques mètres d'avance. Mais au lieu de s'arrêter au comptoir comme prévu, le garçon prit la direction de l'escalier en colimaçon près de l'entrée. Sans réfléchir je le suivis jusqu'aux toilettes.

commentaires

20/08/05 - 15:39

Mais... mais... c'était quand même pas le type avec des lunettes qui était assis au fond avec deux filles ??

20/08/05 - 16:40

Ne vous inquiétez pas, j'ai des photos de tout le monde, nous vous retrouverons sans problème, très cher ami.

20/08/05 - 16:40

OMFG! Nous étions espionnés !!

OoOoOoh !! On dirait que notre grand ami La Potiche a un nouveau FAN !!

Vite, la suite ! Please!!! ^^

20/08/05 - 17:07

mon dieu il était la et nous ne l'avons pas vu...aveugle nous sommes aveugles

20/08/05 - 22:22

là j'en reviens pas !!

22/08/05 - 20:54

Pffff et vous avez meme pas ose venir nous parler ! comme c dommage ! et oui c bien moi le garcon avec la cravate agnes B :-D

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12-rue-legendre

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L'immeuble haussmannien, situé au 12 rue Legendre , comporte cinq étages:
Au rez-de-chaussée A gauche, une boutique du nom de Curiosités, un bazar tenu par Madame Bernadette Morde, une femme très âgée.
A droite, la loge de la gardienne, Madame Poulain, en place depuis presque 30 ans.
Au 1er étage A gauche: l’appartement de Madame Morde
A droite: l’appartement de Monsieur Raphaël Majerot, 28 ans, employé dans une station service sur l’autoroute.
Au 2eme étage A gauche: un homme seul avec son fils de 11 ans, le petit Lucas. L’enfant semble plus motivé par l’expérience que son père.
A droite: Monsieur Simone Amouretti, 45 ans, divorcé, et ses deux enfants dont il a la garde une semaine sur deux.
Au 3eme étage A gauche: la famille Charlier en vacances tout l’été. C’est Amandine, 18 ans, leur fille aînée qui garde le chat et tiendra son blog.
A droite: une jeune femme de 22 ans, seule héritière d’une famille illustre dont l’empire est colossal.
Au 4eme étage A gauche: Monsieur Vincent Barber, que nous avons réussi à convaincre bien qu'il accueille chez lui un ami pendant la durée de l’expérience.
A droite: appartement vacant depuis plusieurs mois. Le propriétaire habite en Finlande et n’a pu être contacté, malgré les efforts du Syndic, le cabinet Atand.
Au 5ème étage: L’appartement de Mademoiselle Christine Labelle fait tout l’étage. Il s'agit d'une actrice-chanteuse célèbre notamment pour la série de films « Tendre Françoise » dans les années 60-70.
Les blogs de ces 9 voisins paraîtront pendant tout le mois dans La Dépêche, ainsi que sur le site www.gayattitude.com , dont nous remercions les deux webmasters, Matt et Garoo, pour leur accueil.