31/08/2005

31/08/05 - 21:43



D’abord, je me suis dis que j’étais folle ou nunuche ... bêtasse à lier ...

Et puis après, je me suis dit que j’étais perdue, que si Raoul, il avait pu voir ça, il aurait été malheureux … ou alors, il m’aurait méprisée. Et puis tant pis !

Et puis j’lai fait quand même : j’ai découpé dans Téléstar la photo de Charlize Theron et pour la deuxième fois ce mois-ci, j’ai été au coiffeur … pour me faire coiffer pareil que la photo mais en gardant mes cheveux en vraie couleur. La coiffeuse, elle m’a dit que ça m’allait très bien. Je lui ai donné deux euros parce que j’étais contente !


Dans vingt minutes, je vais sortir les poubelles … j’espère qu’il sera là et qu’il viendra me dire ce qu’il a pas osé hier. Et puis après, j’imagine qu’on va aller se promener en prenant la rue des Dames ou aller vers le parc.
Et puis j’aimerai que … qu’il … je sais pas, moi ! Qu’on … nous … Je sais pas, en vrai …

Je sais pas non plus quand je vais rentrer de mes poubelles. Si le journal, il est arrêté quand je rentre, alors juste avant, je voulais dire comme mon amie Christine que merci …

Et puis aussi que si c’est vrai, la télépathie et les bonnes ondes positives, ben … croisez les doigts pour moi … pour euh … nous ?
Parce que je suis pas sûre de rien et que j’ai … le trac !?

Merci.

31/08/05 - 18:44


Cher journal,

Et bien nous y voilà, dernier jour avec toi petit journal, et tu peux me croire, je pense que cela va beaucoup me manquer, ce petit côté exhibitionniste me plaît bien…
Allez ne sombrons pas dans le tragique et voici donc un petit résumé de cette journée.
Ce matin je me suis réveillée d'humeur légère, aussi je me suis décidée à faire un petit détour dans les rues ensoleillées de Paris, mes pas m'ont guidée jusqu'au marché aux fleurs… J'y ai passé un long moment, toutes ces couleurs, toutes ces odeurs qui flattaient mon charmant petit nez avaient quelque chose de féerique…

Je suis ensuite passée à la fondation histoire de voir si de nouvelles demandes de subventions étaient arrivées ce qui était le cas, j'ai donc pris un dossier dans la pile et après l'avoir lu, je me suis décidée àaller moi-même à la rencontre du rédacteur de la demande qui tenait en quelques mots "Mademoiselle, Aidez-nous à les aider ! Merci" le tout signé d'un gribouillis illisible.

C'est donc ainsi qu'en début d'après midi je me suis retrouvée dans un petit atelier au pied des buttes Chaumont, divers objets hétéroclites jonchaient sur d'imposants bureaux, des tiges de bois, des tubes de peinture, des bouts de toiles etc.… j'avais beau chercher je ne parvenais pas à deviner quelle pouvait bien être l'activité de cet endroit…

Un curieux petit bonhomme s'est avancé vers moi, il ne semblait nullement surpris de ma présence et son "Bienvenue Melle Baubier" ne laissait aucun doute sur le fait qu'il m'attendait… Il finit par se présenter sous le nom d'Emile Wartenner.

Ce petit homme sans âge est une personne que je pourrais qualifier de "célèbre anonyme", son travail consiste à confectionner avec tout ce qu'il trouve des affiches, des pancartes et autres banderoles afin de venir en aide aux plus démunis, une personne perd son chat et il lui fait des affiches à l'effigie du fugueur… une association veut soutenir une cause humanitaire, il leur fabrique pancartes et banderoles… Que ce soit dans la défense des droits de l'homme, de la nature ou plus simplement dans un but d'entraide, Emile répond toujours présent et j'ai pu voir plusieurs photos de ce qu'il a déjà fait…aucun doute, ce petit homme est un héros de l'ordinaire. Il vient de prendre récemment sa retraite et n'a plus suffisamment d'argent pour poursuivre son œuvre…
Tu t'en seras douté petit journal, j'ai répondu "présente" à sa demande et il n'est pas exclu que dans le futur je mette la main à la colle pour lui.

Voilà mon cher journal c'était l'événement principal de cette journée, le reste de la soirée sera calme pour moi.
Il me reste à te dire au revoir ainsi qu'à tous ceux qui ont pris le temps de nous lire. Ce petit pincement au coeur ne laisse aucun doute quant au fait que j'ai aimé cette aventure, grâce a toi j'ai surtout appris que pour faire des rencontres formidables il n'y a pas besoin de faire le tour du monde mais juste d'ouvrir sa porte et les yeux et parfois le mot "voisins" peut se transformer en "amis".

Au revoir petit journal, au revoir chers lecteurs,
Emma

31/08/05 - 18:32



Chers fans,

Finalement, le journal "La Dépêche" et mon avocate sont arrivés à un arrangement qui satisfait tout le monde. Il était impossible au journal de continuer le "feuilleton" de l'immeuble 12, rue legendre ou de me laisser une demi-page quotidienne pour narrer ma folle vie. J'ai eu beau pester, monter sur mes grands chevaux, montrer mes sacs postaux de fans en délire s'opposant à l'arrêt prématuré de l'expérience, ils n'ont rien voulu savoir.

En revanche, voyant que j'étais inflexible et prête à tout (visiblement, le Directeur se souvenait de ma prestation dans "Jackie la tueuse sans pitié" !), ils m'ont proposé d'éditer mes mémoires ! Comme je suis heureuse ! "Ma vie mon oeuvre, tome 1" devrait être dans toutes les bonnes librairies à partir de fin novembre !

De plus, je me prépare activement à l'écriture de mon scénario et mon agent a été contactée de façon sérieuse par une maison de production qui veut faire de ma vie un "reality show". Ils ont dit que ce serait une sorte de version française de "The Simple Life" quelque chose dans ce goût-là.

Bref, ces projets plus le film publicitaire qui sera diffusé à partir de la semaine prochaine, plus le nouveau Lelouch en exclusivité mondiale au Ciné 13 pour les fêtes de fin d'année... l'année 2005 sera Christine Labelle ou ne sera pas !

Je vous embrasse et vous souhaite à toutes et à tous une rentrée riche en émotions, en sentiments, en projets. Profitez de la vie !

Je vous aime.

A très bientôt !

Votre idole,



Christine Labelle

31/08/05 - 13:43



Chers Fans,

Depuis hier, je reçois des appels du journaliste de La Dépêche m'annonçant que l'expérience touche à sa fin et qu'il faut que je fasse mes adieux aux lecteurs aujourd'hui même. Ce à quoi je lui réponds à chaque fois qu'il en est hors de question.

Non, je ne vous abandonnerai pas cher public ! Il est impensable de terminer aussi vite cette formidable expérience qui m'a amenée à me rapprocher de vous. Qu'est-ce qu'il croit le Dubois ? Il pense vraiment qu'une star adulée quitte la scène aussi facilement ? Je refuse ! Je ne me rendrai pas !

Vous me l'avez bien fait comprendre à travers vos innombrables lettres (Madame Poulain peut en témoigner), vous ne vous lassez pas de mon journal sur internet. Je me suis ouverte à vous, je vous ai fait partager mes souffrances, mes joies, ma vie de tous les jours, et vous ne pouvez pas vous en passer. C'est bien normal. Et je suis prête à continuer, pour rester toujours près de vous, en attendant bien sûr le rôle qui marquera mon grand retour sur le grand écran. J'y suis, je reste, non mais !

Donc je vais continuer à écrire sur ce journal, même si ça ne fait pas plaisir à La Dépêche. Mon avocate a épluché le contrat : ils sont obligés de continuer à publier mes frasques pendant au moins 6 mois sous peine de poursuites ! Ils auraient de toute façon tort de ne pas le faire, cette expérience a fait remonter les ventes de façon significative (+ 0,6 % tout de même !). Non, je ne céderai pas à leurs intimidations ! Je suis même prête à faire un sit-in devant les locaux du journal pour me faire entendre. Je vous invite, mon cher public, à m'accompagner. Je donnerai une photo dédicacée à tous les participants. Je vous tiendrai au courant de la date et de l'heure.

Le combat continue !


Votre idole,

Christine Labelle

31/08/05 - 09:29



Bonjour, c'est Antonin qui écrit.

Mamy va beaucoup mieux, le professeur Krank parle d'une sortie à la mi-septembre si elle supporte bien son traitement. J'irai l'annoncer ce matin à Madame Poulain et Labelle, ainsi qu'à Amanda.

J'ai bien sûr lu ce qu'à écrit Raphaël sur notre soirée de Juin. En le provocant, je souhaitais qu'il soit capable de décrire sa première expérience avec un homme et surtout du plaisir qu'il en a tiré.
Depuis ce jour-là, je suis fou de lui et ne peux m'empêcher de penser à nos carresses, à nos baisers. Si seulement, je pouvais l'avoir encore une nuit.

Après sa copine, c'est la mienne qui fait la gueule. Elle a bien senti que depuis Juin, mes attentions ne sont plus aussi soutenues et elle ne cesse de me demander que "je m'occupe d'elle".

Face à la demande de Celia que je n'ai pas envie de satisfaire et mon désir pour Raphaël, je vais les présenter l'un à l'autre. Si ça marche, tels que les connais, je pense qu'ils me feront une petite place dans le lit.
J'ai invité Raphaël pour samedi soir à l'apéro et il n'a pas dit non. Celia doit me rappeller ce matin

Après tout, je les aime, l'un et l'autre....

C'est la fin de cette expérience. Je m'apperçois que j'aurais eu beaucoup à dire si j'avais été dans la liste des cobayes. J'ai découvert mes voisins et aujourd'hui, je ne les regarde plus comme hier.
Il y toujours la réunion des copropriétaires où on pourra se retrouver, à moins que Mme Labelle nous invite encore une fois...

31/08/05 - 00:08


Bonsoir à tous,

J’ai reçu un email du journaliste de La Dépêche me rappelant que demain est le dernier jour où je pourrai tenir mon blog. J’aimerais bien continuer, je ne sais pas s’il y a des sites gratuits qui offrent ce genre de possibilités.
Alors, je n’ai rien écrit depuis une semaine ; pourtant, il s’est passé pleins de trucs.
Benoît, l’homme de ma vie que j’avais quitté au début du mois après avoir appris qu’il avait couché avec Natacha ( putain de salope) est rentré de vacances. Il a voulu passer chez moi pour récupérer deux CD ( la compil de Louis Chédid et un Jean Louis Murat) et un DVD ( pas sur la bouche, un film d’Alain Régnier, super chiant). On a beaucoup discuté, il s’est excusé pour tout, et moi je l’aime encore trop. Alors, on s’est remis ensemble !!!!!!!! Je suis heureuse ! J’en ai parlé avec Ivan qui était super content pour moi..

Alors, aussi, il y a eu la soirée chez Christine Labelle. Elle a invité tous les gens de l’immeuble, c’était super sympa. On a beaucoup bu et dansé (j’avais apporté des CD, heureusement, parce qu’elle n’a que des CD d’une Juliette Grégo, que je ne connais pas, et de Françoise Hardy, elle, je la connais). Vous auriez vu la concierge de l’immeuble, madame Poulain se trémousser sur Mylène Farmer, c’était super drôle. Alors il y avait aussi Ivan qui est devenu un véritable ami. Monsieur Amouretti, mon compagnon d’ascenseur, lol ! Emma et Raphaël. Il ne manquait que la vieille du 1er mais elle est toujours à l ‘hôpital, par contre il y avait son petit fils (ou arrière petit fils, je ne sais plus) Antonin, un mec super sympa et assez mignon (7 sur 10). Mais c’est Benoît que j’aime !

Je ne sais pas si j’aurai le temps d’écrire demain, mais c’était une belle expérience ; j’ai rencontré des gens très enrichissant. J’ai l’impression que j’ai grandi cet été, je me sens plus mâture à travers mon blog. Mes parents et ma petite soeur rentrent dans 3 jours.

30/08/2005

30/08/05 - 22:41


Hello petit journal,

Aujourd’hui a été une journée digne de la reine des ...!, mais qu’est-ce que çà fait du bien, j’ai commencé par aller faire un peu de gym dans un club du quartier, hormis le prof qui est d’une beauté à faire pâlir les dieux de la Grèce Antique je n’ai trouvé aucun intérêt à la séance, c’était très mou, très « plan plan » bref je me suis vite ennuyée…
Par contre l’après séance était des plus intéressante… je me suis précipitée dans les vestiaires en espérant croiser le prof, (qui au passage se prénomme Grégoire), il n’a pas du tout eu l’air surpris de me voir je pense même qu’il m’attendait…

Nous n’avons échangés aucun mot, il m’a pris par le bras et m’a attirée dans une petite pièce au fond du gymnase… une fois à l’intérieur, je me suis ruée sur lui, en deux tours de mains j’ai arraché son polo et baissé son short… mon cœur battait comme un fou de voir ce corps luisant qui n’attendait que moi… ma bouche a parcouru sans retenue aucune son torse imberbe, sa peau cuivrée avait ce doux parfum salé de l’effort… ma langue s’en souvient encore… je le dominais, il le voulait… une de mes mains, je ne sais plus laquelle mais sûrement la plus hardie s’aventura lentement vers son bas ventre à la recherche de sa masculinité… son corps tendu d’un soubresaut répondit à cette initiative… bientôt ses deux mains sur moi se posèrent enfin… je frémissais à mon tour…

Mais je me rends compte petit journal que certaines choses ne peuvent être décrites ici, j’arrêterai donc là mon récit… sache seulement que notre étreinte fût longue… et qu’il y en aura d’autres….

Je suis épuisée, je vais me plonger dans mon bain…

Je te dis à demain pour notre dernier rendez-vous…

Emma

30/08/05 - 22:25



Moi, je sais pas. !
La seule chose qu’est sûre, c’est que le journaliste de la Dépêche, y m’a appelée au téléphone et il m’a dit que le reportage, ça allait finir … et moi, ça me fait tout chose.
… Parce que je me dis que j’aurais jamais rencontré les gens de l’immeuble en vrai si y’avait pas eu le journal. Que j’aurais pas eu un joli cadeau et que j’aurais pas fait la fiesta avec Madame Christine qu’est devenue mon amie.

Alors j’ai envie de dire vite, avec le temps qui reste …

Que moi, j’avais pas envie de devenir concierge quand j’étais petite, que moi, j’aurais voulu devenir comédienne, même si j’aurais été pas douée. Et que j’aime la peinture aussi ! Comme Madame Baubier. Et puis écrire ma vie aussi … j’aime.
Et puis que j’aime les gens de mon immeuble.

Je veux dire que si j’avais pas rencontré Raoul en 74, j’aurais peut être été pas la même. Et que même si je l’ai aimé, je voulais pas ça : devenir concierge …
Raoul, des fois, y comprenait pas que je veuille autre chose. Il me disait que j’étais « étrange » et même « bourgeoise » …
Ca fait réfléchir … quand j’y pense !
Mais faut dire aussi que je suis bizarre, ces derniers temps, et que je me pose des questions … mais c’est depuis que j’ai rencontré le Monsieur d’en face … je crois.
J’ai 57 ans … Eh ben, rien que par son sourire gentil, y m’fait tout drôle … Que même Cupidon en culotte courte, y me ferait pas rougir pareil.

Mais faut comprendre que j’ai peur un peu qu’il me prenne pour ce que je suis pas. Et puis j’ai peur aussi de le considérer mieux qu’il est. Et puis de plus être « la veuve Poulain », comme on disait avant dans le quartier.

Ce soir, il avait l’air d’avoir deux airs … y m’a tourné autour, y m’a salué et puis il est parti en promenant son espèce de chien.
Je crois qu’il voulait me dire quelque chose …
Mais quoi ? J’ai pas osé l’appeler … j’aurais pas été respectable !

30/08/05 - 12:38


Lorsque je suis arrivé en haut des marches, j'ai trouvé les toilettes vides. J'allais faire demi-tour quand j'ai deviné du regard la forme d'une porte à peine visible sur le mur du fond. Après avoir tatonné en vain pendant 10 bonnes minutes, la porte a pivoté.
je suis entré dans une pièce sombre, tapissée de velour rouge. En face de moi, assis sur une sorte de banc en ébène, l'inspecteur Alter me fixait du regard. Il s'est levé et a marché vers moi. Il m'a entouré de ses bras. Tandis que sa bouche explorait mon cou j'ai pris conscience qu'il ne portait aucun vêtement. A l'instant où sa langue s'est introdute dans ma bouche je me suis réveillé.
J'étais dans un lit inconnu. La migraine enflait mes tempes et battait derrière mes yeux.
J'ai tant de choses à écrire. Je devrais aussi parler de la soirée chez Labelle. Je ne sais pas par où commencer. Je suis épuisé et j'ai peur.

29/08/2005

29/08/05 - 23:46


C'est un petit peu gênant, mais il faut bien que j'en parle vu qu'Antonin a fait certaines allusions.
En effet, si Sarah m'a quitté il y a deux mois c'est parce qu'elle m'avait surprise avec lui.

J'aurais aimé lui expliquer, lui faire comprendre que je ne savais pas ce qui m'avais pris, que je ne me comprenais pas, que j'en étais aussi surpris qu'elle, qu'il fallait qu'elle me pardonne, qu'il fallait au moins qu'on en discute, mais suite à ça elle n'a plus voulu avoir de conversation avec moi. Je la comprends un peu… Et quand on s'est revu au début du mois, c'est très rapidement parti en engueulade…

J'avais invité Antonin à boire l'apéro un jour, comme ça se fait entre voisins tout bêtement, et… c'est arrivé. Je ne saurais pas trop dire comment d'ailleurs… Je ne sais plus du tout comment d'une simple conversation nous avons pu en arriver "là"…

C'était une foutue connerie. J'avais quelqu'un que j'aimais et j'ai tout foutu en l'air.

Non je ne renierais pas ce que j'ai fait. J'en ai eu envie et je l'ai fait. J'assume tout ça.
Mais ce n'était et ça ne restera qu'un incident.
Bien sur ça m'a chamboulé, je ne savais plus trop où j'en étais après ça. Forcément, ça fait se poser beaucoup de question… Je me les suis posées, et j'y ai répondu.

Heureusement j'ai des amis, dont certains homos, qui m'ont beaucoup aidé et permis d'y voir plus clair.
Une fois que j'ai eu assumé ce moment passé avec Antonin, j'ai pu enfin avancer et maintenant je sais où j'en suis. Je sais que ce n'était qu'une expérience parmi d'autre et que ça ne se reproduira pas.

Peut être que j'aurais du en parler avec lui plus tôt, mais ce n'était vraiment pas facile pour moi.
Il y environ 2 semaines, il y avait eu une panne d'électricité dans l'immeuble et j'avais été chez lui pour lui demander des bougies. Après je l'avais invité à boire un verre mais je n'ai pas réussi à lui parler vraiment.
Je me sentais bien avec lui et en même temps très mal à l'aise suite à ce qui s'était passé la dernière fois qu'on s'était vu.
Alors on a discuté de tout et de rien et j'évitait toutes les perches qu'il me tendait pour essayer de parler de ce qui s'était passé.

Je suis désolé si j'ai pu lui donner des faux espoirs, mais il ne pourra être qu'un ami, et rien d'autre.

29/08/05 - 22:51



Dimanche, j’ai fait une sieste sur le coup des quatre heures … c’était drôle parce que ma tête faisait semblant de dormir et puis mes pieds, y bougeaient tout seuls … j’ai du rêver que je dansais encore.
Ce soir … Oh ! Faut que je raconte ! Mais j’ai honte un peu quand même … j’ai fait exprès de sortir les poubelles vers dix heures … j’ai même pas attendu que ce soit la réclame à la télé ! Tout ça pour voir si le gars d’en face, le Walph D’Ort, il sortait son chien qu’est si bizarre.
Eh ben : j’l’ai vu !!! J’en suis encore tout confuse parce qu’il m’a saluée, très poli … un gentleman, pour sûr ! Y m’a dit « Bien le bonsoir Madame Poulain ! » … Non mais, j’vous jure ! Y m’a parlé comme si il s’intéressait … J’devais être rouge plein feux. Pourtant, dans le noir … ça doit pas se voir ! Ben il a insisté : « Pas trop fatiguée ? » … J’ai dis « Non, merci, z’êtes bien aimable ! » … Troublée jusqu’aux yeux, que j’étais … même si j’aurais pas du !

J’me demande comment Raoul il aurait été à son âge, tiens … beau, c’est sûr … mais beau comment ? Des fois, j’ai l’impression d’être infidèle … j’ai honte !
Et puis je me dis : et si c’était lui, l’homme d’après Raoul … même si y’a un chien et que j’aime pas les clebs, que ça pue … est-ce que ça me dérangerais vraiment ?
Là, j’me dis : t’es folle, ma pauvre fille ! Y’a des choses qu’on peut pas faire avec ! Et puis après, j’suis plus sûre …
Tiens, avec un nom pareil, je me demande si c’est pas lui, le Finlandais dont on m’a parlé ... et qui devait habiter au 12 …

Aujourd'hui, j'ai fait rien qu'à rêver ! Je suis une vieille conne, des fois ...

29/08/05 - 21:06


Mon petit journal,

Je suis désolée de ne pas être revenue t'écrire hier, mais j'étais assez nauséeuse, je pense que j'ai du manger quelque chose de pas frais la veille, j'espère que ce n'était pas ces merveilleuses rillettes que nous avait servies Christine.

Riche journée que celle que j'ai eu petit journal, figure toi qu'aujourd'hui je présidais la commission des "subventions artistiques" de la fondation Baubier, si l'ensemble était assez ennuyeux je dois bien l'admettre j'ai tout de même fait une rencontre des plus euphorisantes.

Jeanne Lampion, une très célèbre réalisatrice Néo-Zélandaise et qui a notamment eu la palme d'or à Cannes pour sa magnifique "Leçon d'épinette" est venu me voir. Elle souhaite que j'apporte mon soutien financier pour son nouveau long métrage qui s'intitulera "4 femmes sur un divan" et qui racontera l'histoire de 4 femmes au travers du regard de leur psychiatre. Trois de ces femmes seront interprétées par Hilary Cygnek, Jolly Hunter et Junniper Fopez , et le psy par Harrison Fèble, elle ignore encore qui elle prendra pour jouer la dernière femmes.
Là où je suis toute excitée c'est qu'elle m'a proposé de jouer un petit rôle, celui de la secrétaire du psy !! Je n'en reviens pas ! Moi qui ne connaît rien du tout au cinéma.. Enfin j'ai dû refuser car cela ne me paraissait pas très sérieux, je préfère laisser ma place à une professionnelle.

Cependant, je vais financer l'intégralité de son film, je pense que ce sera une aventure palpitante, je dois participer au casting afin de dénicher la quatrième femme, j'espère que cela sera aussi marrant que les castings de cette émission de télé "A la recherche de la nouvelle tare". Je ne sais pas si j'aurai l'occasion de t'en reparler vu qu'il nous reste peu de temps à pouvoir bavarder petit journal.

Allez je file !!

Emma

28/08/2005

28/08/05 - 23:57



Chers Fans,

Je crois que ma soirée a bien plu ! Mais ce n'était pas une surprise. Je suis célèbre pour mes fêtes, c'est ma spécialité tout comme le lapin aux pruneaux et le regard de stupéfaction en gros plan suivi d'un cri pénétrant (je dis ça parce que j'ai très envie de travailler avec Dario Argento).

Les habitants de l'immeuble m'ont bluffée. Ils savent se lâcher grave ! (j'utilise des expressions de jeune parce que j'ai très envie de travailler avec Jean-François Richet). Ils ont tous beaucoup dansé, beaucoup discuté, beaucoup bu (surtout la petite Emma, quelle descente l'air de rien !). Il faut dire que mes mojitos-champagne se boivent comme du petit lait.

La Poulain était très excitée. Je me demande si elle a pas gobé (je dis ça parce que j'ai très envie de travailler avec Abel Ferrara). Elle a failli nous faire un strip-tease, mais j'ai dû l'en empêcher car j'ai vu qu'elle portait des bas à varices, ce n'aurait pas été du meilleur goût ! D'ailleurs, je ne sais pas trop ce qu'elle est devenue la Poulain. Elle n'est pas à sa loge, ce qui est normal car c'est son jour de congé. Raph' m'a dit qu'il l'avait vue en train de discuter avec des voisins, deux retraités qui habiteraient dans l'immeuble d'en face. Y aurait-il une idylle dans l'air ?

Tiens, justement Raph'. Je l'ai vu discuter longuement avec Antonin, le petit fils de la Morte.. je veux dire de la Morde. J'ai eu un pressentiment mais je me suis dit qu'ils feraient un joli couple de cinéma (je dis ça parce que j'ai très envie de travailler avec André Téchiné).

Ce soir, je me couche tôt car dès demain, je vais me mettre à écrire. Non, pas mes mémoires. J'ai décidé de remettre à plus tard mon autobiographie. Je suis encore trop jeune pour publier mes souvenirs et puis de toute façon, mon éditeur a mis la clé sous la porte. Non, je vais me mettre à écrire un scénario ! Ça peut surprendre, car je suis avant tout une interprète, une comédienne qui s'empare des textes des autres et qui les sublime. Mais voilà, quand je fais le bilan des films auxquels j'ai participé ces dernières années, le bilan est un peu décevant : on ne me propose plus de personnages émouvants, plus de femmes au caractère bien trempé, ou d'héroïnes sulfureuses. Alors ça suffit ! Je vais m'écrire un scénario avec un personnage féminin très fort. Ce sera peut-être une Montmartroise qui part à la recherche de son fiancé parti à la guerre (je dis ça parce que j'ai très envie de travailler avec Jean-Pierre Jeunet) ou une extra-terrestre serial killer qui fait de l'apnée (je dis ça parce que j'ai très envie de travailler avec Luc Besson) ou encore une Espagnole qui revient de 2040 pour chercher son chat dans un grand magasin (je dis ça parce que j'ai très envie de travailler avec Cédric Klapisch).

En fait, j'ai surtout très envie de travailler, tout court.

Je vous embrasse,


Christine Labelle

28/08/05 - 22:14



C'est Antonin qui écrit.

Mamy est toujours hospitalisée

Heureusement que Mme Labelle a eu cette idée de tous nous réunir chez elle. C'est une femme que je respecte, qui traverse la vie avec ses bonheurs et ses revers avec le même courage. Peu de mecs en ont comme elle, si vous me le permettez
J'étais heureux un instant et pendant un moment, j'avais tout oublié.
Je me suis apperçu que tout l'immeuble s'était tenu informé de l'état de santé de mamy, même Amanda que je croyais complètement denuée de sentiments. Je pense qu'elle sera quelqu'un quand elle sera un peu plus mature. On le voit dans ses yeux.
J'ai eu les larmes aux yeux quand Madame Poulain a voulu danser un twist. On aurait dit qu'elle avait retrouvé ses quinze ans
Le matin, en me levant, je me suis demandé qu'est-ce qu'il y avait dans les mojitos. C'est la première fois que j'en bois d'aussi bon et que l'effet me rend aussi léger. J'ai eu du mal à m'endormir.

J'ai relu tout ce que Mamy avait essayé d'écrire avec son système de reconnaissance vocale. Si seulement l'expérience ne se terminait pas dans trois jours, j'aurai le temps de vous la raconter car son histoire, je la connais par coeur.

Il y a aussi une histoire dont je voudrais vous parler. Le silence de Raphaël à mon égard a pris fin par l'intermédiaire de ce journal. Nous nous sommes revus pour la première fois à cette soirée. Nous ne nous étions pas parlé depuis. Il m'invite à ne plus faire la gueule.

Et comment ?

Il n'a pas jugé bon de parler de cet "incident" comme il s'obstine à nommer ce que nous avons fait dans la moiteur d'une nuit de Juin...

28/08/05 - 11:08


Mon petit journal,

Quelle soirée !! Je dois dire que je ne regrette pas d’être allée chez Christine hier soir, nous avons ri, nous avons bu (beaucoup) et même flirté !!! (Imagine petit journal, un baiser de Tendre Françoise !)
Madame Poulain était très joyeuse et elle avait une robe très tendance si je puis dire !

Presque tout le monde de l’immeuble était là, nous avons eu une pensée pour cette pauvre Madame Morde dont nous avons eu des nouvelles par Antonin.

Je dois bien reconnaître que tous mes voisins sont des gens formidables, j’espère que nous aurons bientôt l’occasion de remettre çà.

Bon je dois déjà te laisser petit journal car aujourd’hui je vais passer la journée aux courses, ma chère et tendre mère et de passage à Paris, çà va donner !! Quand je vais lui dire que j’ai passé la soirée d’hier chez « Tendre Françoise » elle va en faire une attaque !!!

Emma

28/08/05 - 10:54



Ouh ! Eh ben, j’sais pas ce qui m’arrive ce matin, j’ai la frite pas croyable ! Même que j’ai encore mes jambes qui veulent danser tout seules, qu’elles battent le rythme alors que c’est fini, la fiesta de Christine. Et même pas mal à la tête !

Quand je suis arrivée vers 23 heures, Christine est venue m’accueillir très gentiment. Elle a fait des compliments sur ma robe en disant qu’elle était hypra tendance seventies revival ! J’ai pas compris mais c’est mon amie.

Après, ils ont mis de la musique que je connaissais pas, du rap ou dans c’genre. Ca gueulait fort, j’avais peur que la police arrive ! Alors j’ai essayé de me décontracter … j’ai sifflé des coupes de champagne. Là, j’allais moins bien …
Heureusement, Y’a Amanda qu’a vu que je me renfermais. Elle est venue et m’a donné une pilule contre les idées noires en souriant.

Eh ben j’aurais pas cru que ça existe ! Mais ça marche !!!

Je sais plus quand, mais je me revois en train de danser comme une folle avec l’ami de Vincent, même qu’on rigolait comme des bossus et imitant Claude François. J’ai aussi dansé avec Christine, bien sûr … et puis avec tout le monde. J’ai eu que des compliments !

Quand ça était fini, j’avais pas du tout envie de dormir. Je suis sortie faire un tour jusqu’à la Place Clichy au petit matin. En revenant par le boulevard des Batignolles, j’avais envie d’écrire mon nom sur un arbre.
Je suis heureuse.


28/08/05 - 02:00



Fiestaaa !!!

Merci à ma petite Christinounette pour me prêter son ordinateur le temps d’un article.
En direct de chez elle, Raphaël vous annonce qu’il s’amuse comme un petit fou !

Antonin, fais pas la gueule et bois un coup !
Et Simone, finis pas toute la bouteille, j’arrive !

28/08/05 - 01:38



Wouhouh !!!

Je vous écris en direct de ma soirée avec mes voisins. Comme dirait la petite Amandine je veux dire Amanda, "ça déchire sa race !". Je l'avais jamais entendu parler comme ça cette petite que j'ai vu grandir, mais après deux malibu-ananas, elle se libère totalement, c'est bien !

Tout le monde est là ou presque. Petite pensée pour la Morde. Hospitalisée qu'elle est mais son esprit est parmi nous. Pour l'avoir connue du temps du drugstore de Saint Germain, je peux vous dire que si elle pouvait, elle danserait sur les tables !

Tout le monde va bien. Ils s'amusent bien, ils boivent, discutent, dansent... Une vraie bonne fête où les gens s'amusent pour de vrai. Rien à voir avec la bande à Jacques qui reste dans leur coin à siroter leur whisky. Non, ce soir, j'ai à faire à des vrais de vrais. La Poulain par exemple, qui se siffle coupe sur coupe, tout en voulant rester digne et en pestant contre le volume trop élevé de la chaîne HI-FI. C'est sûr que Eminem et Soulwax, ça lui fait drôle, elle n'a pas trop l'habitude ! Allez chérie, décoince-toi, l'autre immeuble ne va pas appeler les flics, de toute façon j'en fais mon affaire !

Je suis contente, y a Simone et Raph', je les vois rarement à cause de leurs horaires. Ils matent avec un certain appétit le derrière d'Emma. Chaque fois qu'elle passe devant eux, il y a un blanc dans la conversation. Je les comprends, elle a un joli petit paquet. Moi-même, si j'avais des penchants (et surtout un peu plus d'alcool dans les veines), je m'en occuperai avec délectation hin hin... Celle-là, faut pas trop qu'elle chauffe, sinon elle va avoir des problèmes. Allez Emma, ressers toi ! Moi je vais me faire un nouveau mojito, il reste des glaçons ???

La Morde n'est pas là, mais y a son Antonin. Etat stationnaire apparemment. Il est inquiet mais il veut bien boire un coup. Pas de problème chéri, j'ai tout ce qu'il te faut !

Ouais, j'adorrrrrrrre ce morceau ! Plus fort !

Tiens, y a l'ami de Vincent qui est finalement venu. Ah "L'ami de Vincent", dire que j'ai failli y jouer. Ok ok j'arrête avec mes regrets de comédienne. Vivons l'instant présent, au moins c'est déjà ça de gagné ! OUais !!!! Raph' arrête de bogarter ok ?

Je suis trop bien là, c'est trop bon.



Ahh faut que j'aille pisser.

Je reviens.



CL

27/08/2005

27/08/05 - 23:14



J’ai fait exprès de sortir vers 22 heures comme si je portais les poubelles aux boueux. J’ai attendu un peu. Mais je peux pas trop longtemps : même si je me suis changée pour me faire belle et aller chez mon amie Christine qui m’a invitée à une soirée, je dois pas rester trop longtemps comme ça dans la rue ... on pourrait jaser !

N’empêche, j’aurais bien aimé le recroiser … avant d'y aller !

27/08/05 - 19:54



Ca fait deux jours ! … et c’est pas croyable comme la vie peut changer en deux jours. C’est que ça fait tellement de bonheur d’un coup que ça me fait comme si j’ai envie de pleurer.
Parce que voilà :
D’abord, je me suis réconciliée avec mon amie Christine Labelle … que ça m’a fait tout drôle parce que je croyais qu’elle était une femme méchante et que non, en fait, elle est gentille. Et puis elle aussi, elle a souffert. Quand elle m’a parlé de Jules, c’était comme si moi je lui parlais de mon Raoul. La vie, des fois, est une sacrée chienne qui donne pour reprendre … et ça aussi, elle l’a vécue. Et c’est extrordinaire de savoir qu’on est pas seule !
Bon, après, je sais plus trop …. Je sais qu’on a ri et puis je me suis réveillée vers dix heures du soir. Je crois que j’étais un peu ronde comme une queue de pelle !
J’ai quand même fait l’effort de sortir les poubelles pour que les boueux, ils puissent me débarrasser.

Et ben c’est là que tout à basculer … que c’est comme dans les feuilletons après le journal de 13 heures :
J’étais à m’escrimer sur une poubelle qui voulait pas bien fermer et je rigolais toute seule à l’idée de devoir m’asseoir dessus pour mieux la bourrer quand y’a un des types d’en face qui s’est approché en promenant un chien qu’on aurait dit un cochon !
Là, j’ai pas pu résister. J’pense que c’est le champagne de mon amie Christine qui m’a fait éclater de rire. Eh ben lui aussi, y m’a souri et y m’a regardée dans les yeux … Même que je crois que je suis devenue toute rouge et même que j’ai du les baisser, les yeux !
Y m’a dit « Bonsoir Madame » et il a rajouté si je voulais de l’aide. J’ai dit « non merci cher Monsieur, vous êtes bien aimable ». Et puis il s’est présenté : Wal Dophe qu’y s’appelle ! J’ai dit « Moi, c’est Yvette … Yvette Poulain ! ».

Oh ! J’ai un peu honte mais … je crois que ce matin, en me réveillant … je pensais à lui !

Et puis après, Y’a Madame Baubier qu’est passée sur le coup des midis, même qu’elle m’a donné un cadeau pour me remercier, comme ça, gratuit.

Même si c’est un livre et que j’ai pas beaucoup le temps de lire … Là !, pour la première fois depuis longtemps, j’ai trouvé que la vie est belle !

27/08/05 - 18:34



Je viens juste de recevoir la visite de Christine Labelle. Elle était venue pour m’inviter à une petite fête entre voisins ce soir.
Au passage elle m’a glissé d’un air entendu « Emma n’est pas chez elle, mais je pense que je peux compter sur vous pour l’inviter…»
Là j’ai bien compris ce qu’elle pensait, mais non non et non, Emma et moi ne sommes pas du tout ensemble !

C’est vrai que nous nous sommes retrouvés dans une situation un petit peu gênante récemment, mais tout est clair maintenant.
Hier, elle est passée me voir et nous avons discuté. Et si je ne me rappelle pas de ce qui s’est passé dans la nuit de samedi à dimanche dernier, c’est simplement parce qu’il ne s’est rien passé du tout !
Ca ne m’étonne pas d’ailleurs, vu que nous en tenions une bonne tous les deux…

En fait, comme elle ne se sentait pas le courage de remonter chez elle, elle m’avait demandé si elle pouvait dormir sur le canapé, mais moi je lui ai dit qu’elle n’avait qu’à prendre mon lit et que moi je dormirais sur le canapé.
Une fois dans ma chambre, elle m’avait demandé si je pouvais l’aider à défaire son bustier : un truc avec des lacets, très difficile à défaire quand on est saoul ! Tellement difficile que je n’y suis pas arrivé et que je me suis endormi comme une masse sur le lit. Et Emma a fait de même.

Ca m’a bien rassuré de savoir ça ! Parce que franchement, coucher avec une aussi jolie fille et ne pas s’en souvenir, ça m’aurait fait mal au cœur ! hi hi !

Après cette explication, nous avons continué à discuter. Elle m’a parlé d’une série Anglaise qu’un ami lui avait fait découvrir récemment : French & Saunders.
Comme je ne connaissais pas du tout et qu’elle m’assurait que c’était tordant, nous sommes montés chez elle pour en regarder quelques épisodes. Qu’est ce qu’on s’est bidonné !

Bon, je vais l’appelez pour la prévenir de la fête de ce soir. Je pense que ça va être sympa !

27/08/05 - 17:34



Chers fans,

Ce soir, j'organise une nouvelle fête.

Mais attention, pas avec mes amis du cinéma, de la musique, du théâtre ou des pages people de vos magazines préférés. Non, ce soir, j'invite tout l'immeuble !

L'idée m'est venue l'autre soir, lorsque je trinquais avec la Poulain dans sa loge. Elle me confiait les problèmes de l'immeuble, des petites histoires de coeur entre tel et tel habitant, les soucis liés à la maladie de Madame Morde, l'étrange disparition du petit Lucas... Tout le monde a des petits soucis en ce moment et pour les oublier, rien de tel qu'une petite fête !

La Poulain veut pour l'occasion préparer des tartines avec le pâté que confectionne son frère. Il paraît qu'il est délicieux. Bon, je vais quand même passer une commande chez Lenôtre, on ne sait jamais. Je vais sonner à toutes les portes pour les inviter, j'espère qu'ils pourront tous venir.

On va bien s'amuser, je le sens !

Votre idole,


Christine Labelle

27/08/05 - 14:08



Cher public,

Oui, comme vous avez pu le lire dans ces pages, je me suis réconciliée avec Madame Poulain, notre dévouée gardienne d'immeuble, une femme qui a beaucoup souffert et qui sait, mieux que d'autres, vous écouter et vous réconforter.

Je suis allée la voir mercredi soir pour faire la paix. En guise de calumet, une bonne bouteille de champagne. Je savais que ça allait aussi vite la décrisper. Evidemment, comme elle a un peu d'entraînement la Poulain (ceci dit sans aucune méchanceté, je t'adore ma chérie !), je suis allée en chercher d'autres par la suite lors de cette très agréable soirée. On a bu, on a ri, on a pleuré aussi... On a parlé de jules, elle de son Raoul, moi de mes nombreux amants. Ce fut une belle soirée de réconciliation. J'en avais bien besoin après l'épisode Charly. Dans les coups durs, il faut toujours aller vers les gens qui vous connaissent et qui vous aiment malgré tout. La Poulain fait partie de ces gens. Oh certes, elle n'est pas très cultivée, elle prend vite ombrage, mais c'est une brave fille qui a le coeur sur la main, toujours prête à rendre service. Evidemment, je n'ai jamais porté plainte contre elle, c'était juste pour lui faire peur. La guerre est finie.

Trois bouteilles et un fond de poire plus tard, alors que je lui racontais une de mes croustillantes anecdotes sur Rosy Varte et Michel Piccoli, elle s'est endormie d'un coup sur sa toile cirée, le nez dans Ici Paris (on avait ricané ensemble des photos de Véronique Genest). Je l'ai donc laissée là pour remonter chez moi. Mais l'ascenseur était en dérangement ou alors c'est moi qui n'arrivait pas à appuyer sur le bouton (j'étais un peu pompette). Je suis remontée à quatre pattes. Quand je suis arrivée au quatrième, j'ai entendu des drôles de bruits. Enfin, des bruits très caractéristiques... Ça venait de l'appartement de la petite Emma. Comment vous décrire ce que j'ai entendu. Disons qu'elle avait de la visite... et qu'elle était bien contente...

Je suis ravie pour elle, il semblerait qu'elle et le petit Majerot poursuivent leur liaison !

C'est beau l'amour tout de même...

Oh rassurez-vous, je dis ça sans amertume. J'ai déjà oublié Charly. Je suis une battante et une amoureuse, j'y crois encore ! Mais je vais faire une pause et me concentrer sur ma carrière. Et puis qui sait, un jour...

Je vous embrasse.

Votre idole,



Christine Labelle

26/08/2005

26/08/05 - 16:05


Petit journal,

Je suis désolée de t’avoir si honteusement abandonné ces derniers jours… mais j’ai de très bonnes raisons pour cela, figure toi que j’ai tout simplement décidé de faire une petite escapade à Londres… Ma garde robe me faisait de la peine et je me suis donc lancée dans un marathon shopping dont j’ai le secret !!

A moi les luxueuses boutiques Londonienne, je les ai dévalisée ! De tailleurs en robes les plus chics j’ai ramené avec moi pas loin de quatre valises pleines à craquer.

Et tu ne me croiras pas petit journal mais pendant que j’étais en train de faire des essayages chez Harrod’s je suis tombée sur Peptia Minogue la dernières des sœurs « Minogue », elle m’a tout de suite reconnue, nous avons finalement passé l’après midi entre filles et je dois dire qu’elle est très sympa. Ce que j’ignorais c’est qu’elle est écrivain !! mais assez spécialisée, pour ne pas faire vulgaire ici je te dirais simplement que ces œuvres sont très « olé olé », je n’ai pas résisté à lui faire dédicacer son dernier ouvrage « Le fruit corrompu » que je vais offrir à Mme Poulain pour la remercier de tout ce qu’elle fait pour moi pendant mes absences.

Sinon, petit journal je n’ai toujours pas croisé Raphaël, mais je suis décidée, ce soir je vais aller le voir chez lui…

Je te raconterai tout çà !

Emma

25/08/2005

25/08/05 - 17:19



Moi, j’ai bu comme elle : d’un coup !
Ca a gouleyé bien fort dans ma bouche et puis j’ai eu chaud à la tête … bien plus vite qu’avec de la Valstar.
Madame Labelle, elle a commencé à parler en nous resservant. Moi, je sais plus ce qu’elle a dit exactement, mais ce que c’est sûr, c’est qu’elle dit des mots qui sont bien dits.
On a finit la deuxième coupe que j’avais encore rien répondu à tout ça : qu’on se connaissait depuis si longtemps, qu’elle avait toujours été là, même dans les pires épreuves de ma vie, que c’est ça, les amies ! Qu’il fallait l’excuser, qu’elle était sur des charbons ardents … des trucs sur Claude qui la maltraitait et puis aussi que Johnny était plus adorable quand il était avec Nathalie.
Moi, j’avais le tournis, j’étais un peu pompette et je crois que je souriais. J’la trouvais vachement chouette de venir comme ça, si simplement, et de trinquer avec une simple concierge comme moi … parce que, faut dire que Christine, c’est une star quand même. Avec la vraie douleur des stars aussi qui sont pas reconnues pour leur vrai talent profond. Que c’est des fois pour ça qu’elle semble pas gentille mais que c’est juste qu’elle est sensible.
Et la preuve qu’elle est tellement sensible, Christine, c’est qu’elle est venue me consoler parce que j’allais pas bien, que j’osais plus faire les escaliers tellement j’allais pas bien.
A la fin, j’lui ai dit « Merci » et j’ai eu des larmes dans les yeux.

Christine, je veux te dire … si tu lis ça : t’es une amie !

25/08/05 - 17:15



Alors … comment que je pourrais dire ? Quand elle est arrivée dans ma loge, la Labelle, je crois que j’ai bien failli tourner de l’œil. J’ai du devenir bien blanche et pas très fraîche … mais j’ai été vite prête à sortir mes griffes. Raoul, y disait ça, des fois, que j’étais une vraie bête fauve quand j’étais nerveuse … mais c’est pas de ça que je veux causer.
J’me suis tenue à la chaise et puis très vite dans ma tête, y’a des mauvaises paroles qui me sont venues. Genre : vieille folle, c’est pas vrai ce que t’as écrit sur moi. J’fais le ménage bien comme je peux et puis c’est pas vrai aussi que je te donne pas ton courrier … sauf que t’as jamais rien que des factures et des prospectus parce que t’es une hazebine. J’allais lui dire ça et puis j’ai pas compris parce qu’elle m’a sourit et qu’elle m’a appelée « ma très chère Madame Poulain ».
J’ai dû faire des yeux comme des soucoupes. Et puis je me suis mise sur mes gardes. Et l’autre, elle a sorti de derrière son dos une bouteille de champagne (pas du mousseux, hein ! Du vrai champagne !) et deux verres et puis elle a dit « Très chère, faisons la paix ».
Je crois que mon regard, il allait de la boutanche à ses lunettes noires et que j’avais l’air bête à manger du foin (là aussi, c’est du Raoul … mais je dirai pas pourquoi).
Elle s’est installée comme si elle était pas gênée à ma table, elle a posé son attirail sur la toile cirée et elle a fait sauter le bouchon. Pas le temps de compter jusqu’à dix que les verres, ils étaient pleins et qu’il fallait trinquer. Tchinne !

24/08/2005

24/08/05 - 18:58



Cher public,

Tellement de choses se sont passées depuis lundi... Par où commencer ? Ah oui, mon rendez-vous avec Benjamin, le jeune auteur-compositeur qui veut à tout prix m'écrire et produire mon nouvel album. Benjamin est un garçon charmant mais, comment dire, parfaitement incompréhensible. Il marmonne tout le temps, parle en même temps qu'il crache la fumée de ses cigarettes, se parle à lui-même sans jamais articuler. J'avais envie de piquer un somme. Il m'a fait écouter quelques chansons qu'il a enregistrées. Là, j'avais envie de rire ! C'est parfaitement sans queue ni tête. Il paraît qu'il est célèbre. Vraiment ? Il paraît même qu'il a fait un album pour l'autre folle, Juliette, et aussi pour ce vieux con d'Henri. Serait-il spécialisé dans les vieilles gloires ? Dans ce cas, je ne vois vraiment pas ce que j'ai à faire avec lui !

Je suis donc partie plus tôt que prévu. Quand je suis rentrée dans l'appartement, j'ai surpris une conversation agitée entre Charlène et Charly qui avait lieu sur la mezzanine. Je n'ai pas fait de bruit pour les épier. Ma très chère soeur s'adonnait à son sport préféré : faire du chantage. Elle voulait lui soutirer quelques billets "sinon je dis tout à Christine !". Là, j'ai fait mon entrée "Me dire quoi, petite soeur adorée ?". Charly était cadavérique et s'est enfui. Charlène avait son sourire des mauvais coups. Elle m'a expliqué que Charly n'avait pas un rond, que c'était un gigolo qui cherchait en moi le réconfort matériel, que je m'étais bien faite rouler. Je n'ai pas réagi, j'ai juste répondu "Charlène, tu prends ta valise en carton, tes vieux bas, ta boîte de préservatifs et tu quittes immédiatement cette maison !". Elle m'a menacée de tout dévoiler à la presse et m'a réclamée de l'argent pour son silence. Je lui ai donné un billet de 50 euros et une boîte de thon "Maintenant, tu dégages !".

A peine avait-elle claqué la porte que je me suis effondrée. Je savais que Charlène avait raison, elle a toujours reniflé l'argent et si elle me disait que Charly n'en avait pas, c'est qu'elle avait raison. J'ai pleuré en attendant le retour de Charly. Il est rentré tout penaud vers 23h. Il m'a tout expliqué : non, il n'est pas millionnaire, il est fauché comme les blés et doit jouer au gigolo, mais moi il m'aime vraiment... J'ai déjà entendu ce baratin. Nous avons passé la nuit à nous insulter, à faire l'amour, à pleurer, à nous envoyer des assiettes à la figure (enfin surtout moi), à manger, à faire l'amour...

Au petit matin, nous avons préféré nous séparer dignement. C'était une belle histoire qui s'est terminée, voilà tout, il faut savoir tourner la page. Charly est un chic type, il a beaucoup souffert dans sa vie, je comprends sa situation mais moi, je ne peux pas vivre dans le mensonge. Quand je perds confiance, c'est pour toujours. On a promis de rester en contact. Je pense qu'il y aura toujours une grande tendresse entre nous. J'ai quand même vérifié avant qu'il ne parte qu'il ne m'avait rien volé.

Je suis ensuite allée me coucher épuisée. Je me suis réveillée il y a une demi-heure, il y avait encore son odeur sur les coussins. Dans la salle de bains, j'ai retrouvé sa montre et j'ai eu envie de pleurer. Je sais, ça va passer, mais ce soir c'est très dur.

Il ne faut pas que je reste toute seule. Mais je n'ai pas la force de sortir de chez moi. Il faut que je parle à quelqu'un. Ah oui, je sais... Je vais aller la voir.

Christine Labelle

23/08/2005

23/08/05 - 19:33


Mon petit journal,

Aujourd’hui a été une journée des plus éprouvantes, je suis harassée !
Rends toi compte, en tant que directrice de la fondation Baubier, j’ai dû passer en revue l’intégralité des comptes, jeter un œil sur toutes les nouvelles acquisitions immobilières, et cerise sur le gâteau je devais m’entretenir avec une foule de personne qui étaient toutes là pour défendre un projet pour lequel ma fondation serait susceptible de participer au financement. Et là je dois dire que j’ai vu quelques projets des plus prometteurs, tels que la reconstruction pierre par pierre d’un ancien bagne d’outre-mer pour en faire une maison pour jeunes en difficultés ou la création de labyrinthes dont les murs seraient des textes classiques « géants » pour redynamiser la lecture dans les secteurs défavorisés.

J’ai hélas aussi eu droit au pire, deux drôles de petit vieux qui voulaient mettre en place une réserve naturelle pour les porcins en voie de disparition, ou un autre bonhomme encore plus bizarre qui envisageait de bâtir une plate forme sur la seine afin de faire sécession avec l’Etat et d’y créer son propre pays… pure folie que ceci j’en conviens petit journal…

Mais c’est bien là ma responsabilité, je serai bientôt à la tête d’une des plus grosses fortunes au monde et je dois m’intéresser au bien-être de mes contemporains…

Sinon petit journal, je n’ai pas croiser Raphaël, je crois qu’il m’évite… c’est bien dommage… d’autant plus que je me souviens maintenant de tout ce qui s’est passé dans sa chambre et j’aimerai vraiment en parler avec lui…

Voilà petit journal c’est tout pour aujourd’hui…
Emma

23/08/05 - 00:00



Cher public,

Charlène est arrivée à la maison hier soir à minuit passé ! Ce n'est pas très étonnant, elle a toujours fait ce qu'elle voulait, et ça depuis toute petite.

A peine arrivée, elle a fait son petit numéro : et vas-y que je me trimballe en nuisette devant mon Charly, et vas-y que je te fais des petits compliments, que je te minaude, que je parle avec une voix d'enfant, que je ris comme une hystérique... Elle m'épuise. Je la vois venir à trois kilomètres. En plus, c'est vrai, on la voit de loin, elle a un peu forçi.

Evidemment, elle a vidé le frigo, s'est empiffré des restes du gigot du midi et tout en regardant Charly avec son vieux regard salace, elle a sorti "j'adore la viande" avant de rire à nouveau de son rire bien gras, si distingué. Parce qu'il faut pas croire, la fameuse Charlene Lamour est très photogénique, très distinguée au milieu de fourrures (ou de bottes de foin) mais dès qu'elle ouvre la bouche, c'est une catastrophe. Moi j'ai réussi à perdre assez facilement mon accent d'origine et quelques expressions du cru (c'est normal, je suis une grande actrice) mais elle ! C'est simple, à côté d'elle, Jackie Sardou c'est Arielle Dombasle !

Ce matin, je l'ai surprise voulant rentrer à l'improviste pendant que Charly prenait une douche. "Oh mais j'avais pas vu qu'il y avait quelqu'un" Mais oui, mais oui...

De toute façon, je sais très bien pourquoi elle fait ça. D'abord, pour me rendre jalouse. Elle ne m'a jamais pardonnée mon aventure avec Mick qu'elle visait depuis des mois. Pour se consoler, elle a fini dans le lit de Ringo. C'est déjà bien pour elle ! La deuxième raison qui la pousse à vouloir me piquer mon mec, c'est qu'elle a tout de suite compris qu'il était plein aux as ! Ça l'argent, c'est comme les champignons, elle sait toujours où il y en a. Elle ne se trompe jamais ! Faut dire qu'avec le groin qu'elle se trimballe... J'ai vu les bagages avec lesquels elle est venue : c'est sûr, elle n'a plus un kopeck. Son dernier homme marié a dû la virer.

Ah, ça m'attriste de voir cette pauvre fille tourner autour de mon amant. Je comprends un peu mieux le malheur de cette pauvre Madame Poulain. Elle n'a jamais supporté que son Raoul parte avec la boulangère de la rue de Levis. C'est pour ça qu'elle a sombré dans l'alcool. Tiens, je me demande si je vais pas aller descendre la voir pour boire un peu de porto avec elle. Oh non, ça laisserait le champ libre à cette petite intrigante !

Demain, j'ai rendez-vous avec Benjamin, un jeune auteur-compositeur-interprète qui a beaucoup de talent. Il veut à tout prix me produire mon nouvel album !

A très bientôt cher public,

Votre Christine Labelle

22/08/2005

22/08/05 - 23:06



J’vais pas bien. J’ose plus lire le journal des autres parce que j’ai peur que je pourrais y trouver encore des saletés sur mon compte comme quoi je suis feignasse ou pas bien nette.

Et puis j’ai aussi peur qu’ils disent du mal de mon Raoul, comme quoi il était pas bien gentil ou pire. Parce que c’est même pas vrai, tout ce qu’ils croient savoir. C’est pas vrai que Raoul, il était pas fidèle et qu’il allait voir les filles d’à côté, au parc Monceau. Et puis c’est pas vrai non plus qu’il avait des dettes parce qu’il jouait trop au tiercé. Moi je sais parce que personne m’a demandé de rembourser.

Mais ici, y croient tous des choses. En vérité, y sont mauvais. Et moi je sais bien aussi que l’autre, là … elle est jalouse parce que moi j’étais très heureuse et qu’elle, elle arrive jamais à rien. Elle pardonne pas son malheur. Et pour faire du mal, elle serait même capable de dire que Raoul, il la désirait … J’la connais … c’est une chienne.
Et puis qu’est ce qu’elle croit ? Que les hommes, ça a pas d’instinct ? Mais c’est pas vrai ! C’est pareil que les bêtes … Y sentent bien les femmes de mauvaise vie, même sous le fard ! Ca a beau minauder et faire la bourgeoise, y sentent quand même, pour sûr !

J’arrive plus à dormir depuis qu’ils veulent me coller le syndic aux fesses. J’ose à peine sortir, même que ce matin, j’ai sorti les poubelles comme une voleuse … MOI ! … Dans mon propre immeuble …comme si j’avais honte ! Pourtant, je suis bien certaine de bien faire mon travail ! Mais la médisance, c’est pervers et ça me ruine.

22/08/05 - 19:01


Mon petit journal,

Pour commencer, je vais revenir sur les événements qui concernent Raphaël… Apparemment il se souvient bien de moi si j’en crois son journal, et je ne peux que confirmer ses dires… Mes idées sont maintenant plus claires… je me souviens parfaitement de ce qui s’est passé au début de la soirée… souviens-toi petit journal, je te disais encore il y a quelques jours que j’avais remarqué que dans le quartier du marais il y avait de beaux garçons, aussi j’avais décidé d’y retourner histoire de faire quelques rencontres intéressantes. Comme je n’aime pas sortir seule j’ai demandé à David s’il voulait m’escorter et je dois bien t’avouer qu’il ne s’est pas fait prié !! Il a même fait montre d’un enthousiasme que je ne lui connaissais pas…

Bref, nous sommes allés dans un bar « le machin Fada » je crois, la musique était très agréable, les garçons comme prévu très mignons, mais au bout de dix minutes David a dû s’absenter avec un autre mec qui était là et je ne l’ai pas vu revenir… je t’avoue que sur le moment j’étais assez en colère… enfin j’ai tout de même décidé de l’attendre au bar et au bout de quelques vodka-martini j’ai abandonné… C’est lorsque je sortais que j’ai reconnu Raphaël qui était assis au fond du bar avec des amis… il m’a fait un petit signe de la main et je les ai rejoint…. Nous avons beaucoup bu et beaucoup ri… et au final nous avons pris un taxi pour rentrer.

Une fois à l’immeuble il m’a invitée à aller boire un cognac chez lui… après petit journal çà se complique…. Je me souviens qu’il m’a passé un cd de Sophie Ellis Bextor qu’il vénère… et puis plus rien jusqu’au réveil….
Je crois que je vais prendre mon courage à deux mains et essayer de lui parler la prochaine fois que je le croiserai.

J’ai aussi une autre nouvelle pour toi petit journal, j’ai attentivement lu le journal de la Labelle, et je suis scandalisée des termes qu’elle utilise à mon égard…. Surtout en ce qui concerne la mythomanie puisque je dois bien dire qu’elle semble effectivement en être experte… toujours est –il que je n’ai aucune leçon à recevoir de cette personne dont le seul avenir semble devoir se résumer a apparaître dans la ferme célébrités….

Enfin tu me connais petit journal, les envieuses ne me font pas peur.

Emma

22/08/05 - 00:11



Les souvenirs de ma soirée d’hier me sont revenus en partie…
Donc, c’est Emma qui est sortie de ma chambre à 4h du matin, ça, c’est sur.

Si je me rappelle bien, on s’est croisé totalement par hasard dans un bar du marais.
Apparemment elle y était venue avec un ami qui venait juste de partir.
Moi j’y étais avec un couple d’amis homo.

Ensuite je me rappelle qu’on a bu, qu’on a picolé et qu’on a vidé quelques verres.
Je la connaissais peu avant ça et il s’avère qu’elle est très sympa, bien qu’un peu naïve sur certaines choses.

Par exemple, je ne sais pas si elle avait capté que c’était un bar homo… Je me rappelle qu’elle m’a dit qu’elle reviendrait car il y avait plein de beaux mecs et qu’en plus ils étaient très bien élevés car pas un seul n’était venu la draguer, comme ça lui arrive souvent quand elle sort (il faut dire qu'elle est très mignonne !).
Il faudrait peut être que je lui explique deux trois ptites choses sur le marais…

Au final, je crois qu’il n’était même pas une heure du mat qu’on était déjà complètement torchés. Alors on a pris un taxi et on est rentré chez nous.
Mais alors, comment elle est arrivé chez moi et qui plus est dans mon lit… Je ne me rappelle toujours pas !

Je me sens tout con… C’est vraiment la première fois qu’un truc pareil m’arrive…
Et je n’ose pas aller voir Emma pour lui en parler…

21/08/2005

21/08/05 - 21:48



Cher public,

Merci pour tous vos mots d'encouragement et de bon rétablissement. La semaine fut éprouvante et riche en émotions ! Je me suis remise de mes petits soucis de santé d'hier, apparemment ce serait dû au dîner au Kentucky Chicken où m'avait emmené mon cher Charly. La prochaine fois, c'est moi qui choisirai le restaurant...

Tout à l'heure, j'ai reçu un appel de ma petite soeur, Charlène Lamour. Vous savez, Charlène ! Ex-grand mannequin, ex-égérie des plus grands peintres et photographes d'après-Guerre (je suis un peu vache, je devrais dire des années 60 hi hi). Elle a aussi tourné pour Warhol (un film qu'on n'a jamais retrouvé d'ailleurs...) et s'est lancée elle-même dans la photographie. Elle a fait un peu de comédie, mais essentiellement dans des dramatiques télévisées (la dactylo dans le quatrième épisode des "Cinq dernières minutes", c'est elle). A la même époque, je crevais l'écran dans la série de films "Tendre Françoise". J'avais pour partenaires Lino, Jean-Paul (ah Jean-Paul...), Alain, tandis qu'elle courait le cachet (et les séances de nu). Vous ne voyez pas qui c'est ? C'est normal.

Charlène Lamour donc (ce n'est pas son vrai prénom, ne comptez pas sur moi pour vous donner le vrai hi hi) a l'intention de venir me voir quelques jours à Paris. Je sais très bien ce que ça veut dire. C'est ma petite soeur, je l'aime beaucoup mais elle a le don pour toujours se fourrer dans des situations inextricables. C'est toujours curieux comme j'ai des nouvelles d'elle quelques jours avant le versement du tiers provisionnel. La pauvre a toujours des petits problèmes à gérer sa trésorerie (quelle trésorerie ? hi hi). Mais je l'aime beaucoup, c'est ma petite soeur.

Elle doit passer ce soir. Elle avait dit 19h (pour ne pas rater l'apéritif bien sûr) mais elle n'est toujours pas là. Typique.

J'ai lu les journaux des autres habitants de l'immeuble. C'est comme ça que j'ai appris pour l'hospitalisation de Bernadette. Vous pensez peut-être que La Poulain m'aurait prévenue ? Non, évidemment. Cette vieille garce me déteste. Elle va dégager avant la fin du mois, c'est moi qui vous le dis !
La petite pétroleuse du 3ème fait encore des siennes. Je n'arrive toujours pas à savoir si elle est profondément débile ou juste une mythomane à tendance nymphomane et paranoïaque. Apparemment, elle a passé la nuit avec le petit Majerot. Il a du charme mais il ne m'a jamais intéressée. Je lui ai toujours trouvé un regard inquiétant. Idem pour le garçon qui habite chez cette petite folle de Barber. Si Charly n'était pas dans l'appartement, je crois bien que je prendrais peur. Evidemment, si cette vieille peau de concierge faisait son travail, on dormirait tranquille !

Excusez-moi cher Public de cette vulgarité et de cette légère rancoeur, mais je suis énervée d'attendre après ma petite soeur, Ernestine, heu je veux dire Charlène. Je vais me resservir de bouillon (mon estomac est encore tout patraque).

A très bientôt cher public !

Votre éternelle idole,

Christine Labelle

21/08/05 - 16:32



Mon petit journal,

C’est affreux… que dis-je c’est une catastrophe !!! Incroyable même….
Je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai beau y penser, essayer de rassembler mes souvenirs mais rien… le trou noir le plus complet….
Il était environ 04 heures du matin, je me suis réveillée, j’étais dans un lit qui n’était pas le mien, j’étais à moitié déshabillée, mon bustier était tout de travers… j’avais si mal à la tête…

A côté de moi j’ai senti une présence, quelqu’un qui respirait fortement… j’ai tâtonné à la recherche d’une source de lumière et lorsque enfin j’ai réussi à allumer une petite lampe de chevet, je l’ai vu !!! RAPHAEL ! J’étais à demie nue dans le lit de Raphaël ! Mon voisin !!!

Mon sang n’a fait qu’un tour, je me suis levée en silence, pris mes affaires et me suis dirigée vers la porte sans faire de bruit… enfin presque je me suis pris les pieds dans un tapis et j’ai failli tomber !

Ce qui est incroyable petit journal c’est que je ne sais pas comment je suis arrivée chez lui !!! Je ne me souviens de rien !! Mon dieu j’ai honte de moi…

Du coup je reste à la maison, j’ai peur de le croiser ….


Emma

21/08/05 - 04:24



Ouh la ca tourne…

Bon, dans mon état c peu etre pas une bonn idée d’écrire un aricle sur mon blog, mais frnchement je sai pas tro ce que j’ai fait ce soir…
Je crois qe kje suis un peu bourré… lol !! voir meme bcp !

Et y a une fille qui était dans monlit !
Mais je sai s p as qui c’est…

En fait ,elle m’a réveillée quand elle est partie : elle a du se cogner le pied qquepart parceque je l’ai entendu jurer dasn mas chanbre..
Et après j’ai entendu la porte claquer, elle était sortie…

Le pb c que je sais pas du tout qui c !! jcrois que je suissaoul… Je ré fléchirai a ca dmain parceque la, putain qu’est ce que ca tourrne…

Bonne nuit les dingues !!

20/08/2005

20/08/05 - 22:40

Ma journée de samedi



Je commence par Lost, je ne m’attendais pas à une fin comme ça ; je me pose encore plus de questions. Pourquoi ont-ils enlevé le petit garçon noir ? Il va falloir attendre l’été prochain pour voir la deuxième saison. Ca va être super long.

Alors, cet après midi, je suis passée chez madame Poulain, la gardienne. (Je me dis qu’une gardienne, ça sait toujours pleins de choses) Je lui ai raconté ce qui s’était passé hier avec cette fille qui me "laissait un message".
Pour me réconforter, elle m’a offert un verre de liqueur de prune. C’était bon mais un peu fort. Elle en a bu trois ou quatre de suite en me parlant. Alors, elle m’a appris que madame Morde est extrêmement malade (j’avais remarqué qu’elle n’avait pas ouvert son bazar depuis plusieurs jours. Je ne vais pas le dire à maman sinon elle va vouloir que j’aille la voir à l’hôpital)
Après elle me dit que monsieur Majerot s’était plaint de tapage nocturne à cause d’une femme vulgaire qui voulait entrer dans l’immeuble, moi, j’ai dit que je n’avais rien entendu. Madame Poulain m’a dit qu’elle avait elle-même rêglé cette histoire.

Après, elle m’a parlé du petit Lucas qui n’habite plus dans l’immeuble (c’est vrai que cela fait longtemps que je ne l’ai pas entendu hurler, et c’est tant mieux). Simone Amouretti, mon charmant voisin du 2eme lui a dit qu’il était parti dans une école de cirque pour faire le magicien. J’ai souri pendant qu’elle se servait un quatrième verre de prune, moi j’ai accepté un deuxième. J’ai commencé à avoir du mal à la comprendre (déjà que sobre, elle est pas super compréhensible).
Après, elle m’a dit que Emma, ma voisine de pallier qui est fille de milliardaire reçoit des tableaux bizarres qui contiennent des messages subliminables, et qu’elle pense que c’est un trafic d’œuvres d’art. Elle a commencé à tout mélanger. Je crois qu’elle parlait de la folle du 5eme quand elle a parlé de trucs cochons (parce que j’imagine mal Emma faire des films pornos) et que Vincent faisait la femme, que le petit fils de la vieille Morde était un averti, qu’elle la détestait et qu’elle lui cacherait son courrier. Elle mélangeait tout, et moi aussi à cause de la liqueur. Mais on a bien ri ! Après elle m’a montré des photos de son mari qui est mort. Pour l’époque j’aurais mis un 3 sur 10, mais là, en 2005, il serait en négatif (surtout les fringues, quelle horreur !)
Elle m’a dit qu’elle aimait bien mes parents et que si j’avais besoin de quelque chose, je pouvais compter sur elle. Elle m’a demandé si j’aimais les travers de porc, les courgettes et les épinards, elle m’en a donné plus de 2 kilos ! Ca tombe bien parce qu’après la panne de courant, j’avais du jeter tout le congélateur.
Elle ne m’a pas parlé du tout d’Ivan. Je vais mener mon enquête. J’adore les films policiers.
Après, je suis remontée (par l’escalier, je ne suis pas folle), j’avais la tête qui tournait et j’ai fait une sieste.

20/08/05 - 19:00

Ma journée de vendredi



Je n’ai rien écrit depuis ma déception sentimentale avec Ivan, mon voisin (provisoire ?) du 4eme. J’ai bien relu sa lettre plusieurs fois et il me semble qu’il a raison : nous pouvons être de supers amis sans que cela aille plus loin.

Alors, j’ai pleins de trucs à raconter.

D’abord le plus étrange : Hier, en fin d’après midi, je sors de l’immeuble et une gamine de l’âge de ma petite sœur me demande si je suis Amandine Charlier, moi je dis oui, un peu surprise ; elle me dit qu’elle a un message pour moi, qu’il ne faut pas que je cherche à revoir Ivan si je ne « veux pas qu’il m’arrive des problèmes ». Je suis un peu choquée, je lui demande pourquoi elle me dit ça et elle répond que c’est une dame qui lui a donné 10 Euro pour qu’elle m’attende à la sortie de l’immeuble et qu’elle me transmette ce message ! Après, elle part en courant. Alors, je lui cours après, mais elle court vite. Je crie que je vais lui donner 20 Euros si elle me dit qui est cette femme. Elle prend l’argent (zut, c’était pour aller voir The Island avec Ewan Mac Gregor, qui est dans mon top 10 de tous les temps, et ensuite pour aller au Mac Do, c’est une soirée thématique sur les Mac, mais je me dispense !)
Alors, elle me dit que c’est une femme d’une cinquantaine d’années, brune avec pleins de bijoux, mais c’est tout ce qu’elle peut me dire.
Après, je réfléchis : ce n’est pas la mère de Natacha, même si c’est son portrait, car elle est morte l’année dernière. Si c’est quelqu’un de l’immeuble, ce n’est pas Emma, ma voisine de pallier, car elle est trop jeune. Ce n’est pas la vieille madame Morde, elle est trop radine et déjà trop vieille. Madame Poulain n’est pas le genre à porter des bijoux. Il reste donc la folle du 5eme qui se prend un peu pour ma mère (j’ai lu ça dans son blog), mais je ne vois pas pourquoi elle aurait fait ça.
C’est peut-être une femme que je ne connais pas du tout. Je suis remontée chez Ivan malgré l’avertissement, mais il était sorti. Je me suis barricadée chez moi.

Je vous raconte ma journée d’aujourd’hui dans quelques heures. J’ai eu une étrange conversation avec madame Poulain, mais je veux manger avant de regarder les deux derniers épisodes de Lost (on va peut-être tout comprendre ce soir)

A tout à l’heure !

20/08/05 - 18:41


Mon cher petit journal,

Je suis toute retournée, mon Romeros, mon beau tableau est enfin arrivé… Miss Poulain m’a avisé que le colis était là, j’ai accouru à sa loge… je n’ai pas résisté à l’envie de lui monter cette merveilleuse œuvre, mais je ne suis pas sûre qu’elle en ait perçu toute l’intensité… Elle n’y voit que du blanc, certes c’est blanc Ma chère Madame Poulain, mais il faut savoir y déceler la force de l’artiste, sa passion évidente devant le néant et l’infini… plisser son regard pour repousser les limites du cadre, forcer son esprit à distinguer la blancheur de l’innocence de la blancheur des éthers qui font si peur à l’auteur… Oui cette blancheur est infinie, c’est le symbole de nos vies qu’ils nous restent à peindre… la page blanche où nous nous devons d’inscrire nos desseins… enfin que pouvais-je donc lui dire de plus, même si elle st des plus attachantes, notre Madame Poulain n’en demeure pas moins une simple gardienne.

Une autre nouvelle petit journal, je me suis risquée hier à aller rôder dans le quartier du bar l’Oh Fada (oui je sais je suis une vilaine petit curieuse mais avec le message qui figurait ici je ne pouvais pas y résister) bref je me suis coiffée d’un magnifique foulard en soie et d’une grosse paire de lunettes de soleil…. Mon dieu quelle ne fût pas ma surprise petit journal de m’apercevoir que ce quartier regorge de mecs plus mignons les uns que les autres…. C’est clair…. Je vais retourner là bas très souvent je crois …..

Ton Emma…

20/08/05 - 15:31


Je me suis rendu à l'avance à mon rendez-vous à l'Oh Fada. Je souhaitais arriver plus tôt afin de pouvoir surprendre l'arrivée de mon correspondant secret. Sur place j'ai pris conscience que la missive ne contenait aucune indication quant à l'apparence de son auteur. Je doute que la photo figurant sur mon journal soit suffisamment explicite. L'anonyme devait donc me connaître ou bien m'observer depuis plusieurs jours. Vincent avait raison, le quartier a bien changé. L'ambiance y est plus triomphante, plus bourgeoise aussi. Le bar, plus petit que je l'imaginais, était constitué de deux salle distinctes organisées en « L ». La première salle où se trouvait le comptoir avait forme de couloir et était tapissée de dessins homo-érotiques. L'autre, plus sombre et plus intimiste se terminait par un carré de banquettes rouges en feutrine. Au milieu du bar trônait un babyfoot vintage.

De 18h30 à 19h00 j'ai observé les hommes qui entraient dans le bar sans détecter aucun visage connu. Rapidement, mon attention fut détournée par un petit groupe de personnes plus bruyant que la moyennes des pédés accoudés au bar. Le noyau du début, un nabot en t-shirt kaki deux tailles trop petites pour mettre en avant ses biceps et une grande perche hilare aux faux airs de Martin Landau s'est rapidement élargi pour se translater ensuite vers les coussins rouges du fond du bar. Trop éloigné pour entendre leur conversation, j'ai pourtant cru entendre à plusieurs reprises un prénom douloureusement familier. Discrètement je me suis rapproché pour me mêler à la bande.

Les regards glissaient sur moi sans qu'aucun visage ne trahisse le moindre signe de reconnaissance. Je n'avais pas rêvé. Le prénom que je croyais avoir perçu de loin était bien celui de Vincent. Mon Vincent? Un garçon à la posture raffinée et à l'apparence toute britannique (charmante petite cravate beige Agnes B.) a confirmé mes doutes. Sur son impulsion, l'attention du groupe s'est concentrée sur le journal des locataires du 12 rue Legendre. Un instant j'eus la tentation de les aborder. Mais je me ravisai, troublé. De moi il n'était nulle question. Tous semblaient certains de la venue imminente de Vincent. Je décidai donc d'attendre avec eux.

Vers 21h00 alors que la question de Vincent semblait avoir définitivement déserté les conversations et que tout espoir de rencontrer l'auteur de la lettre semblait vain, mes yeux croisèrent le regard perçant de l'un des membres.En se levant, ce dernier proposa à l'assemblée une nouvelle tournée de bières. D'un clin d'oeil il m'intima de le suivre.
Je m'exécutai en lui laissant quelques mètres d'avance. Mais au lieu de s'arrêter au comptoir comme prévu, le garçon prit la direction de l'escalier en colimaçon près de l'entrée. Sans réfléchir je le suivis jusqu'aux toilettes.

20/08/05 - 13:37



Chers fans,

J'ai donc passé la journée d'hier sur le tournage du court-métrage du jeune Kevin Pissay. Je vous l'ai déjà dit, je suis intimement persuadée qu'il faut laisser sa chance aux jeunes. J'ai accepté de participer à cette aventure sans demander de cachet, en acceptant les conditions forcément précaires d'un tournage qui n'ont évidemment rien à voir avec les productions habituelles, que ce soit à Hollywood, Paris, CineCittà ou encore Dumont D'Urville (j'y ai tourné un très joli film sur un enfant leucémique qui veut voir des manchots avant de mourir de façon très triste, suite à une attaque d'un pétrèque géant - dommage que le film n'ait jamais trouvé de distributeur).

J'étais donc prête à faire des concessions. Mais il y a des limites.

On m'avait demandée de fournir moi-même mon costume. Comme mon rôle était celui d'une tenancière de maison close, j'ai opté pour un fourreau comment dire un peu moulant, mais très classe tout de même. J'ai attendu devant l'immeuble à 7 heures du matin (l'horreur ! mais je tiens tous mes engagements) la voiture de la production. J'en ai profité pour remarquer que les poubelles n'étaient pas encore sorties. Il faut vraiment virer cette vieille folle ! Très vite, une voiture s'est arrêtée. Un homme d'une quarantaine d'années m'a demandé "c'est combien ?". Comme il était sept heures 20 sur ma montre, j'ai répondu "20". Il m'a répondu "Non. 10". J'ai lâché "Oui, ça doit être ça" (ma montre est un peu capricieuse, il avait sans doute raison). Il me demande "Qu'est-ce que t'attends pour monter ?". Je l'ai regardé droit dans les yeux sans comprendre. Il m'a alors demandé "T'es une professionnelle ou pas ?". J'ai souri "Bien sûr que je suis professionnelle. Vous désirez un autographe, c'est ça ?". Et là, il sort sa carte de police, me lit mes droits et je me retrouve coffrée pour racolage. L'horreur ! J'ai dû remuer ciel et terre pour qu'on me libère. Heureusement, mon ami commissaire s'est occupé de tout. Quelle tragique méprise, je vais appeler Mireille pour en parler dans son émission.

Je suis sortie du commissariat à 14 heures 30. J'ai appelé la production qui m'attendait directement sur le plateau, un immeuble quelque peu insalubre du 19ème arrondissement près de la Villette. Evidemment, comme j'avais un peu pleuré (je suis très sensible face à l'injustice), mon maquillage était fichu. J'ai découvert alors avec horreur que la production n'avait prévu ni maquilleuse, ni coiffeur, ni même une loge ! J'ai dû me refaire une beauté assise sur un parpaing au milieu de tessons de bouteilles de bière et de préservatifs usagés. J'ai failli claquer la porte, mais comme il n'y avait pas de porte et que je suis une professionnelle, je veux dire une star qui ne se la joue pas, je suis restée.

Ah, j'ai failli oublier de vous dire qu'il n'y avait pas de décors, juste une voiture à moitié calcinée. Mon rôle avait été réécrit depuis la dernière version de scénario : je ne jouais plus une tenancière de maison close, mais une apparition. J'ai pas très bien compris mais mon personnage, "Chi Chi", est une sorte déesse de l'amour, l'ange-gardien du héros, Kamel, un jeune "beur" à l'accent souligné qui utilise des expressions invraisemblables comme "tu la kiffes bien ?" ou "je vais trop t'exploser le boule" ou encore "t'es qu'une tepu à lascard". Le tournage a été très rapide, j'ai lu mes phrases face caméra et je suis partie. En sortant de l'immeuble, il y avait toute une bande de jeunes hommes plutôt musclés à l'allure patibulaire, tous en survêtement, qui attendait. L'assistant de production m'a dit qu'il s'agissait des figurants. De plus, il m'a précisé que le film (intitulé "Ouaich Zincou 7", quelque chose comme ça) ne serait pas envoyé aux festivals, mais bientôt disponible sur un site internet payant. A mon avis, ça ne va pas marcher.

Bref, je suis rentrée un peu fatiguée, mais excitée à l'idée de dîner avec mon amoureux Charly. Je m'attendais à un dîner aux chandelles dans un grand restaurant. Charly était un peu gêné, car il ne connaît pas très bien Paris. Un de ses associés lui avait conseillé un grand restaurant mais les réservations étaient pleines. Il m'a finalement emmenée dans un restaurant américain près des Halles, "Kentucky Fried Chicken". C'était la première fois que je m'y rendais. C'est un restaurant spécialisé dans le poulet. Ça tombe bien, j'adore ça, même si mon expérience matinale avec les poulets m'avait quelque peu refroidie. Le restaurant était quasiment plein, c'est dire si les gens doivent aimer. Le dîner fut bon, certes un peu gras, mais tellement vivant. Et puis tous ces gens habillés si curieusement, ça m'a offert une vraie bouffée d'air frais comparé aux trois étoiles où les clients sont tellement guindés. Et puis j'étais avec Charly, merveilleux Charly. Nous avons mangé notre poulet et nous sommes rentrés à la maison en taxi pour une nouvelle nuit d'amour.

Hélas, cette nuit, j'ai dû me rendre aux toilettes à plusieurs reprises. Je suppose que j'ai accusé le coup de cette arrestation infondée. D'ailleurs, il faut que j'y retourne.

A plus

c

19/08/2005

19/08/05 - 23:44



Bonjour, je m appelle Antonin. Je suis le petit fils de Madame Morde. Elle est depuis plusieurs jours a l hopital et son etat de sante est preoccupant.

Voila plusieurs jours que je passe a son chevet et ne suis rentre a la maison que pour me doucher et me changer.

Le docteur Krank n est pas tres confiant. Il m a dit qu il fallait s attendre au pire...

19/08/05 - 22:27



Je n'ai pas écris beaucoup sur ce blog depuis quelques jours, il y a des évènements qui m'ont un peu "turlupiner"… Je vous raconterai peut être...

Et là, je ne sais pas qui c'est, mais il y a une nana à la porte de l'immeuble.
Ca fait dix minutes qu'elle tambourine… A l'entendre, j'ai l'impression qu'elle est un peu éméchée et je ne comprends pas trop ce qu'elle dit… Elle grogne plus qu'elle ne parle… Elle veut qu'on la laisse entrer je crois…

Elle peut toujours courir pour que Mme Poulain la laisse entrer !
Celle là elle doit déjà dormir ! Et puis même réveillée, vu l'animal, elle ne l'aurait de toute façon pas laissé entrer.
C'est pas pour être macho, mais bon, elle est vraiment fringuée comme la dernière des cochonnes, et Madame Poulain est assez vieux jeu…
J'ai bien remarqué son petit air réprobateur quand elle croise Amanda ou Emma habillées un peu "légerement".

Mais quand même, qui c'est cette nana ?
C'est bizarre, c'est pourtant un quartier calme d'habitude.
Peut être une pute qui a abusé de la drogue…

En tout cas, elle a intérêt à se la boucler rapidement où j'appelle les flics.
J'aimerai dormir moi !

19/08/05 - 15:15

Just don't ask me how I am.



Encore une livrée d’événements mystérieux. Avec tout ça, j’oublie de m’intéresser au reste, notamment à Ivan et Amanda que j’apprécie beaucoup. Je les rencontre, je suis séduit, puis plus rien ne se passe. Quant aux histoires de Mme Labelle et l’autre gamine, je n’arrive pas à suivre. Pourtant, elles ont un talent certain pour faire de leur vie une aventure de tous les instants. Moi, l’aventure, je connais, la vraie, de l’Istérie à la Malaria en passant par le Barco, j’ai roulé ma bosse. Alors les petites histoires parisiennes…

Mais là, c’est différent. Sur le mur entre chez mon voisin et chez moi, j’ai découvert hier en rentrant du boulot des graffiti, assez discrets (les autres habitants ne les ont sans doute pas vus) mais lisibles : « Just don’t ask me how I am » répété sur trois lignes. Pas besoin d’être Sherlok Holmes pour deviner que c’est le petit Lucas. Mais de là à savoir pourquoi et ce que cela signifie... J’ai demandé à mes enfants si ce n’étaient pas eux, par hasard, on ne sait jamais, mais leur sincérité était évidente. Je suis allé frapper chez le voisin. Il n’a pas répondu, bien sûr. Je pense que Lucas est chez lui.

Ivan vient de publier une lettre anonyme qu’on lui a glissée sous la porte. Pour moi, ça ne fait aucun doute : elle est signée.

A bientôt !
Simone

19/08/05 - 14:58


Cher Journal,

Je reprends un peu pieds dans la réalité, mon dieu que la journée d’hier fût difficile, le mélange cachets et alcool ne m’a vraiment pas réussi. J’ai passé la journée d’hier au lit avec des hallucinations toutes plus angoissantes les unes que les autres.

Enfin aujourd’hui cela va mieux, mais je dois te dire petit journal que je commence a me demander ce qui se trame exactement dans cet immeuble, de mystérieux courriers semblent faire leur apparitions, des lettres codées, des messages collés… et puis trois disparitions pour une même adresse cela fait beaucoup… la charmante petite vieille, le petit Lucas et l’ami de ce Monsieur Ivan…

Je te le dis petit journal il se passe quelque chose de pas très catholique ici… je vais essayer de mener ma petit enquête…

Emma

19/08/05 - 14:57



J’reviens quand même sur cette saleté qui dit que je fous rien et que je picole … Eh ben c’est même pas vrai !
Ah, si j’disais ce que je sais, moi …parce que c’est elle qui fait la vie, c’est elle qui se ramène des gigolos qui font du bruit dans le hall à pas d’heure, qui grattent comme des chiens à la porte même que je leur ouvre plus !
Parce que depuis le temps, j’la connais, hein ! Plus personne il en veut, d’abord … même les gens qui filment, ils disent qu’elle est plus assez fraîche ! C’est les gens du 13 qui me l’ont dit. Elle a une sale réputation … et c’est pas faux …
Si j’disais tout, moi ! Ses problèmes de cocaïne de y’a 25 ans et puis le genre de films qu’elle a tournés en Italie et puis aussi que c’est une menteuse.
Oui, menteuse ! Tu peux lire, va … tu peux essayer de monter l’immeuble contre moi ! Moi, j’ai ma conscience pour moi ! J’suis honnête, moi ! Alors c’est pas la peine d’essayer de me salir ! Les gens, y savent qui tu es …
Et puis, ton code, tu l’as perdu parce que t’étais bourrée ou en chaleur. Moi, je l’ai donné à tout le monde, je me souviens plus quand … mais j’ai fait mon travail !

Et je te dis que si Raoul, il était encore en vie, il irait te trouver et il te traînerait par la peau ridée de tes fesses à mes genoux pour que tu fasses des excuses !

Là ! Maintenant, je suis tout tourneboulée ... Je crois que j'aurais besoin d'un remontant pour pas pleurer !

19/08/05 - 14:20



J’sais pas ce que j’ai fait avec l’ordinateur, mais il est tombé en carafe … J’voulais savoir comment qu’on fait pour lire le journal des autres, alors j’ai appuyé sur des trucs et puis j’ai tape “j’accepte” quand on me le demandait. Total, après deux heures, la machine faisait n’importe quoi !
J’ai appelé le journaliste de la Dépêche pour qu’il me dise quoi faire et puis voilà : depuis hier, je sors plus, je fais que lire.
Moi, je savais pas tout ce qui se passe. J’croyais même qui se passe rien. Et puis voilà, j’ai des fous dans l’immeuble et un pédé en plus. Et qu’ils sont tous compliqués, ici … Où on va, moi, je l’demande !

Ce qui m’a fait le plus bizarre, c’est cette salope de Labelle qui veut porter plainte sur moi comme si j’étais une bandit, tout ça parce qu’elle a perdu le nouveau code et que c’est de ma faute si elle veut se suicider ! A presque 70 ans, se mettre dans des états pareils, j’vous dis pas !
Mais puisque c’est comme ça, j’y dis plus rien … plus bonjour – bonsoir, plus rien : elle aura qu’à venir elle-même le trouver son courrier de merde et à se dépatouiller toute seule, morue !

Bon, faudrait que j’aille chez la Baubier pour lui dire que j’ai pas reçu son truc mais juste comme une grosse caisse que même le livreur, il m’a dit que c’était un tableau … blanc !

J’comprends plus rien au gens de nos jours, moi !

19/08/05 - 13:19


Ce matin j'ai trouvé cette lettre sous ma porte:

D'après google, l'Oh Fada est un bar homo du Marais. Je sais que c'est complètement débile mais je suis tenté d'y aller sans prévenir personne. Au pire, si il m'arrive quoi que ce soit, il restera une trace de tout cela dans mon journal.

18/08/2005

18/08/05 - 22:18



Cher public,

J'ai encore passé la journée chez moi, au lit bien sûr avec Charly (quelle bête celui-là !), mais aussi au téléphone pour régler quelques affaires. Au fait, j'ai retrouvé ma carte Gold, elle était bêtement posée sur la table basse du salon avec heu... enfin bref, tout est revenu dans l'ordre. Quant au cabriolet de Charly, il a été volé hier soir (il ne s'était donc pas enfui comme je l'avais bêtement craint). Ce n'est pas grave, ce n'est qu'une voiture. D'ailleurs, Charly s'en fiche bien, il n'a pas voulu déposer plainte.

En revanche, moi oui, je vais déposer plainte et contre cette vieille radasse de Poulain qui a "oublié" de me communiquer le nouveau code de l'immeuble. Si ça se trouve, elle tient en otage une partie de mon courrier, avec dedans des scénarios très importants pour ma carrière (c'est sans doute pour ça que je n'ai toujours pas reçu le nouveau script de Quentin "Killing Pussy" dans lequel je dois tenir le rôle principal, Pussy). Cette vieille bique a certainement lu mon courrier d'admirateurs !

Tout à l'heure, j'ai voulu la frapper, enfin à sa porte, mais elle a encore fait la morte bien évidemment. Le syndic m'a annoncé qu'ils allaient faire une enquête sur son compte. Déjà qu'ils ont eu quelques plaintes sur la propreté de l'immeuble . Ce qu'elle a fait est une faute très grave. C'en est fini d'elle, je vais la détruire.

Sinon, je vois que PERSONNE de l'immeuble n'est venue me réconforter après le traumatisme que j'ai vécu cette nuit, pas même cette ingrate de Morde. Je ne sais pas ce qu'elle est devenue, elle ne semble plus écrire dans le torchon, je veux dire le journal.

Demain, je retrouve mes activités de comédienne. Je vais tourner dans un court métrage d'un jeune inconnu, Kevin Pissay. J'adore tourner avec la nouvelle génération, il faut leur donner une chance de percer. Avec moi au générique, Kevin est sûr d'être sélectionné dans les plus prestigieux festivals du monde. Et puis je sens que ça va follement m'amuser. Charly, lui, a quelques rendez-vous d'affaire. Nous nous retrouverons en début de soirée pour un dîner romantique dans un grand restaurant, mais il n'a pas voulu me dire lequel. Ça tombe bien, j'adore les surprises, surtout les bonnes !

A très bientôt !

Votre idole,

Christine Labelle

18/08/05 - 13:01



Cher Public,

Oui, c'est moi, votre idole, Christine Labelle ! Je suis en vie et tout va pour le mieux à présent mais j'ai eu la plus grande peur de ma vie.

Hier soir, je me suis alarmée pour rien : Charly ne m'avait pas quittée. Je sais, c'était idiot d'imaginer une telle chose (la presse ne me surnomme pas "Irrésistible Christine" pour rien), mais l'absence prolongée de mon amoureux m'a mise dans tous mes états. Un long silence, des faits troublants, ma peur de l'abandon, une cigarette qui fait rire un peu trop dosée, mon tempérament volcanique et dramatique (dû à mon passage éclair au Français), sont autant d'éléments qui ont contribué à ma terreur de cette nuit. J'ai même songé à en finir, c'est vous dire !

Mais, heureusement pour moi, il ne me restait plus de tranquillisants ni de somnifères (quelqu'un a décidément vidé ma pharmacie lors de ma dernière fête). J'ai donc décidé, l'âme en peine, de me rendre à la pharmacie de nuit de la Place Clichy pour acheter de quoi me supprimer (et aussi ces maudites cigarettes !). Je m'apprêtais à longer les boulevards en pensant à cette scène mythique de "Ascenseur pour l'échafaud" dont j'aurais dû tenir le rôle principal, rôle que m'a piqué sans vergogne qui-vous-savez (vieille pute).

Mais alors que je ruminais tous mes malheurs passés, le Miracle revint dans ma vie. A peine ouvrais-je la porte de l'immeuble que je le vis : Charly ! Il était là, avec la cartouche de cigarettes, le regard énervé. Il attendait qu'on lui ouvre la porte, car le code d'accès ne marchait pas ! Je l'ai fait rentrer aussi sec et nous sommes remontés dans mon penthouse pour faire tendrement l'amour toute la nuit.

Et dire que j'ai failli quitter cette si belle Terre pour une bête combinaison à quatre chiffres. C'est alors que je me suis souvenue qu'il était vaguement question que le code change cet été... On avait changé le code de l'immeuble sans me prévenir !

Et qui prévient dans ces cas-là le changement de code aux habitants dans tout bon immeuble qui se respecte, je vous le demande ? La concierge !

Oui mais voilà, moi j'ai une concierge qui oublie tout, qui ne pense à rien : Madame Poulain, cette très chère veuve qui veut qu'on la respecte tout le temps, qu'on l'appelle gardienne, alors qu'elle n'en fout pas une, qui ne sait rien garder pas même sa langue dans sa bouche. Il y avait une chose qu'elle aurait dû me dire cet été, une seule, un code d'accès. C'est pourtant pas compliqué ! Charly a toqué à sa fenêtre mais elle n'a pas répondu cette mégère et pourtant elle ne dormait pas !

Cette vieille morue aurait "oublié" de me prévenir. Sale garce, tu l'as fait exprès. Sac à vin ! T'es bonne qu'à boire du Cambras à longueur de journée et à pleurer ton Raoul. Mais c'est fini cette escroquerie, je vais porter plainte ! A cause de toi, raclure de bidet, j'ai failli perdre la vie ! Je vais demander au syndic ta révocation, pouffiasse. Tu vas être renvoyée et tu vas repartir dans ton Pas-de-Calais natal avec les sacs à patate qui te servent de vêtements, le reste de ton Kuby, tes varices et tes valises en carton. Je ne veux plus te voir, déchet !

C'est la guerre, vieille salope !!!

18/08/05 - 11:11

Lucas remet ça.



La nouvelle mode dans l’immeuble, apparemment, c’est de se glisser des lettres sous la porte. Moi, c’est mon voisin de palier qui m’en a glissé une, enfin son fils. Elle est d’abord passée entre les mains de mes deux fils à moi, qui sont encore là cette semaine et qui ont gribouillé des verges et des têtes de lapins dessus. Tout va bien…

Donc le petit Lucas a encore fait des siennes et comme d’habitude, cela reste très mystérieux. Je retranscris le texte de la lettre ici pour que tout le monde soit au courant. (A une autre époque, je me serais contenté de scotcher la lettre dans le hall ou de la donner à la gardienne pour qu’elle se charge de jouer le hérault.)

«
Monsieur Amouretti,
Oh, je sais que vous êtes bon et que vous me comprendrez.
Rares sont les gens capables de me comprendre, vous savez.
Tantôt polis, ils vous cassent la patte dans le dos.

Alors je vais très bien.
Un double événement a changé ma vie.

1/ Mon père flippe sa mère.
2/ Je suis reçu en prépa école de sorcellerie.

Rooo vous êtes étonné, hein.
Un jour, vous verrez ce dont je serai capable.
Et là, vous serez encore bien plus époustouflé.

Les cours ont l’air très intéressants.
Et puis je vais me faire des nouveaux amis.
Garantie de réussite, ils disent.
En plus, je vais me spécialiser en expertise.
N’en déplaise à mon père, c’est cher.
D’ailleurs, il ne sait pas encore qu’il va devoir payer.
Reste à espérer qu’il comprenne que mon avenir est en jeu.
En fait, je suis sûr qu’il comprendra.
»


Bon, voilà. Les petites blagues du petit Lucas du deuxième étage commencent à ne plus beaucoup m’amuser, moi. A suivre.

18/08/05 - 02:05


Salut p’tit journal

Je suis malade… oh la la ma tête, je sais même pas comment je suis rentrée… oh la la tous ces beaux mecs qui étaient là… pourquoi je suis partie…je crois que le mélange cachets et vodka ça va pas ensemble… j’ai la tête qui tourne, … tout tourne … faut que j’aille m’allonger je crois…. Ou me mettre dans la baignoire je sais plus

Au revoir journal

18/08/05 - 00:39



Ivan vient de me laisser une lettre sous la porte, je vous en recopie le contenu :

Chère Amanda,

J'ai lu ton journal pour la première fois ce matin et j'étais triste d'y découvrir le malentendu qui a déclenché ta colère.

Avant toute chose, je tenais à t'affirmer qu'en aucun cas je ne m'étais moqué de toi. Si certaines de mes paroles t'ont choqué j'en suis navré. Tu t'es rendu compte en lisant mon journal qu'il n'était pas possible que nous soyons plus que des amis. Ce n'est ni ta faute, ni la mienne. Le sentiments de déception et d'injustice que tu ressens je le connais bien, j'ai ressenti la même chose quand j'ai compris que je n'étais pas comme les autres. Et moi aussi l'amertume m'a fait m'en prendre à mon entourage. On ne peut pas tout contrôler dans la vie.

Et j'ai du mal à croire que tous les hommes soient les mêmes et qu'ils soit possible de les qualifier tous de la même manière. Un jour, j'en suis persuadé tu rencontreras quelqu'un capable de te montrer que c'est le regard que tu portes sur eux qui était toujours le même.

Viens donc prendre un café chez Vincent un de ces quatre, soyons amis.

Ivan

Je ne sais pas quoi faire. Je l'aime mais il a joué avec mes sentiments et je ne sais pas si je pourrai lui pardonner.

17/08/2005

17/08/05 - 23:54



Mais pourquoi ça m'arrive à moi ? Qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour mériter ça ? Je dois payer pour tous mes pêchés, c'est ça ?

Je suis tellement malheureuse ! Charly me jurait qu'il m'aimait passionnément, que nous étions faits l'un pour l'autre, que jamais il n'aimerait autant une femme que moi. Et moi je l'ai cru !

Non, non, non !!!

Personne ne m'aime. Tout le monde aime la star Christine Labelle mais pas la vraie personne, pas Micheline Cornichard, originaire du Puy de Dôme. Oui, Micheline Cornichard, c'est mon vrai nom ! Si mon agent apprenait que je vous ai dévoilé mon vrai nom, elle me tuerait. Et bien qu'elle le fasse, j'en ai rien à faire ! Au point où j'en suis !

Je suis désespérée, trahie, humiliée, traitée pire que du caca de canari. Je n'ai plus goût à rien, j'ai envie d'en finir, ce n'est plus possible.

J'ai donné tout mon amour à cet homme et lui, il n'a pensé qu'à me trou